Arlette Mabardi raconte la Chaîne des Rôtisseurs

Prestige Nº 87, Août 2000

 

Le bailli du Liban raconte La chaîne des rôtisseurs qui célèbre l’art culinaire

De retour de France, où elle a participé aux festivités organisées à l’occasion du 50eanniversaire de la chaîne des rôtisseurs, le bailli du Liban Arlette Mabardi nous relate les moments forts partagés avec des délégations venues de 26 pays étrangers. Elle nous décrit également les différents événements qui ont pris lieu au Liban pour le cinquième anniversaire de cette chaîne, des manifestations gastronomiques placées sous le signe de L’art culinaire libanais.

Arlette Mabardi

© Archives Arlette Mabardi

 
A l’hôtel de ville, le maire de Reims Jean-Louis Schneiter, Arlette Mabardi, bailli du Liban, le comte Bernard de Nonancourt, bailli de Reims.
  

Présentez-nous la Chaîne des Rôtisseurs. La Chaîne des Rôtisseurs est née en 1248 au temps de Saint Louis, roi de France. Les «Oyeurs» (Rôtisseurs d’oies, volailles appréciées au Moyen-Age) ont reçu leurs armoiries en 1610 et durant cinq siècles défendirent l’art culinaire français. La révolution, en 1793 abattit cette corporation, pourtant, l’aventure gourmande reprit vie en 1950, sous la houlette de gastronomes réputés et la confrérie de la Chaîne des Rôtisseurs tient depuis, des chapitres annuels. Actuellement, plus de 120 pays sont dans le rayonnement de l’art culinaire français. Les membres de la Chaîne venus des quatre coins du monde, se réunissent une fois par an à Paris, pour y tenir une assemblée générale, un conseil magistral et un grand chapitre.

Les festivités du cinquantième anniversaire de la chne qui ont eu lieu en France avaient un goût spécifique... La Chaîne opte annuellement pour un emplacement spécifique afin d’y organiser sa réunion. Pour cette année 2000, le choix s’est porté sur Reims afin d’y fêter le cinquantième anniversaire de la reprise des activités de la Chaîne en France. En tant que bailli du Liban ou plus explicitement présidente de la Chaîne au Liban, j’ai pris part aux différentes réceptions. A l’issue de l’assemblée générale qui s’est tenue à Paris, les membres de la Chaîne des Rôtisseurs ont été reçus à l’Hôtel de Ville par Jean-Louis Schneiter, maire de Reims.


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© Archives Arlette Mabardi

 
Lors du dîner, la serveuse en tenue traditionnelle verse le champagne à Arlette Mabardi, à M. Cuantro, propriétaire du Cuantro et au directeur de l’Académie le Cordon bleu.
  

En présence de son Altesse Royale Henri de France, comte de Paris, invité d’honneur de la Chaîne, une réception très conviviale dans la cité des sacres a fait figure de prélude à la cérémonie du Grand chapitre du 50′ anniversaire de la Chaîne qui s’est tenue au palais épiscopal du Tau. Le grand chapitre présidé par le bailli de Champagne, Bernard de Nonancourt et Robert Baty, chancelier de Champagne, a intronisé une foule de personnalités du monde entier, après avoir nommé le Comte de Paris membre du Conseil d’Honneur de la Chaîne des Rôtisseurs. Accueillis royalement par les fanfares de chasse, les participants ont visité les quatre caves de champagne de Reims où ils ont pu apprécier le champagne rosé Laurent-Perrier, nommé Alexandra, conçu selon un traitement manuel spécifique et qui ne peut être déplacé que dans des conditions particulières. Une soirée de gala a clôturé ces festivités exceptionnelles. La valeur de ces manifestations a résidé certes dans la spécificité du lieu puisque pour la première fois le Grand chapitre de la Chaîne des Rôtisseurs se réunissait à Reims, mais également dans la qualité des invités de valeur, notamment le comte de Paris et les délégations de 26 pays étrangers. Les pays arabes étaient également bien représentés par, outre le Liban, la Jordanie, le Maroc, le Koweit, l’Arabie Séoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte.

La Chaîne libanaise regroupe des professionnels et des amateurs, quelles sont les différentes activités que vous organisez au cours de lannée?Al’instar de toutes les chaînes dans le monde, nous préparons annuellement une intronisation, dont les détails sont publiés dans les revues de la Chaîne des Rôtisseurs publiées à Paris et lues par la quasi totalité des membres de la Chaîne sur le plan international. Ces revues s’attardent également sur les programmes organisés dans les divers pays tout au long de l’année, ces informations s’avèrent être en définitive une véritable promotion à la fois touristique et culturelle. Conçue d’abord pour répandre la cuisine française, la Chaîne des Rôtisseurs, depuis la reprise de ses activités dans les années cinquante, s’intéresse désormais à la gastronomie internationale. C’est la raison pour laquelle nous profitons de la présence de nos invités étrangers au Liban pour leur présenter nos mets succulents et nos spécialités nationales.

D’ailleurs, nous faisons le serment, en notre qualité de membres de la Chaîne des Rôtisseurs d’honorer l’art de la cuisine et la culture de la table, ainsi que nos devoirs de fraternité et de respect à l’ égard de tous les membres.
Ces derniers sont au nombre de 88 au Liban, choisis selon la qualité de leur culture culinaire. Mensuellement, nous organisons une réunion ou un dîner, il s’agit de choisir des menus qui doivent satisfaire les cinq sens.
Notre but étant de déguster les différents plats proposés dans des restaurants au Liban et de publier nos évaluations dans des revues internationales publiées dans 22.000 éditions et diffusées dans les quatre coins du monde.


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© Archives Arlette Mabardi

Le déjeuner de l‘assemblée générale du Grand Hôtel à Paris, dans le salon Opéra; les représentants de l’Australie, du Liban, des Antilles néerlandaises, du Mexique et des Etats-Unis.

 
 
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© Archives Arlette Mabardi

 
Le champagne rosé du Grand siècle Laurent-Perrier créé par le comte de Nonancourt, pour ce nouveau millénaire et baptisé Alexandra, du nom de sa fille.
 

La chaîne au Liban a déjà cinq ans d’existence, quels étaient les moments les plus marquants dans les multiples célébrations organisées pour loccasion? Présents au Liban depuis cinq ans, nous organisons annuellement un chapitre auquel nous invitons les membres de la Chaîne dans le monde. Cette année, les représentants d’Egypte, des Etats-Unis, de Belgique, de Chypre ainsi que le Grand chancelier Robert Baty de France ont répondu à l’invitation, Notre programme étalé sur trois jours était conçu pour couvrir la totalité des régions libanaises. Un dîner superbe a été donné le premier jour à l’Inter-continental Hôtel de Mzaar. Le chef pâtissier avait organisé une présentation très réussie, réalisant le logo, les rubans, les certificats, et les médailles de la chaîne ainsi qu’un narguilé, le tout en sucre, il avait mérité l’admiration de tous les convives. Le déjeuner typiquement libanais préparé pour l’occasion et caractérisé par les mets spécifiques du pays comme le fromage, le kebbé, le rôti ou le markouk ont prouvé l’étendue de l’expérience gastronomique libanaise. Un dîner a été également offert au Phoenicia, par l’ancien chef rôtisseur Marc Lambert qui a déjà à son actif cinq dîners rôtisseurs mondiaux. La visite touristique du lendemain a englobé la grotte de Jeita, le Mzaar et les ruines de Faqra. Durant la seconde journée, les participants ont dégusté le sahlab à Chtaura avant de se diriger vers Zahlé puis Baalbeck. La visite des temples de la ville du soleil, rêve profond du président français, s’est avérée être, selon ses propres termes, plus grandiose encore que dans son imagination la plus fertile. Les membres de la Chaîne ont également visité les caves de Ksara et se sont arrêtés au restaurant Arabi pour y prendre le déjeuner. Un séjour complètement ensoleillé dans le pays des cèdres.

Propos recueillis par ROULA RACHED

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© Archives Arlette Mabardi

L’tel Intercontinental de Mzaar au Liban, Robert Baty, entouré du chef tissier et de ses œuvres: en sucre, et du chef de la cuisine.