Le Nil des Pharaons

 

Prestige N° 103, décembre 2001
  

Sur les rives du dieu-fleuve

Haute – Egypte. Voyage initiatique dans l’espace et le temps, au pays des grands bâtisseurs. Le long de ce fleuve indompté dont le rythme mystérieux inspira mythes et légendes, De l’Antiquité à nos jours, le Dieu Nil exerce chez celui qui le contemple la même fascination.

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Balade en calèche, le fameux hantour à Louxor.
 
 
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Gracieuse felouque où l’on se laisse glisser le long du Nil. Le désert de sable et de roc à perte de vue, touchant presque l’eau, les palmiers ployant sous les dattes, des champs sillonnés de canaux et le fellah qui se fond dans un paysage inchangé depuis des millénaires. Ce paysan qui figurait déjà sur les bas-reliefs des temples présentant des offrandes aux dieux.

Comment vivaient les Egyptiens? Ils chassaient à la lance les hippopotames du Nil, les ibis, les antilopes… Ils cultivaient les céréales, blé, houblon, les fruits, mais aussi les fleurs et les herbes médicinales. Ils se nourrissaient d’olives et de dattes, faisaient cuire leur pain, buvaient du vin et de la bière. Pour le papier et la tapisserie, ils avaient recours à la feuille de papyrus. Ils travaillaient avec minutie l’or, l’étain, le cuivre, avaient une prédilection pour la turquoise, l’albâtre, la quartzite…

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Safran, cumin, pétales de carcadé… Au bazar d’Assouan, sur la route des épices, se marient toutes les couleurs de l’Afrique.
 
 
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 Colonnes hathoriques de Kertassi représentant Isis
  

C’est ici le domaine d’Isis, l’île sacrée, Philae. Seuls les prêtres y avaient accès. Ils y célébraient les rites sacrés sur 360 tables réservées aux offrandes! La construction du temple remonte aux trois premiers siècles de notre ère. Et le culte s’y est poursuivi jusqu’en 560 sous Justinien, les derniers prêtres en ont été chassés. Isis aura donc été vénérée jusqu’au VI siècle!

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Fresques gigantesques de Isis et de Horus, de la naissance de Horus, fils d’Isis et d’Osiris, et du pharaon Ptolémée II empoignant un prisonnier.

Un rocher sorti des sables, une vue impressionnante: le temple de Kom-Ombo, offrande du roi Thoutmès III à Haroeris, Horus à la tête de faucon et à Sobek, le dieu crocodile, puis le contraste entre les eaux du Nil, le sable, la roche, le vert des hautes herbes et le ciel très bleu.

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Entre Dieu faucon et Dieu crocodile, le plus ancien temple dédié à Saturne.
 
 
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Edfou. Barque sacrée que l’on sortait lors des processions. Le sanctuaire n’était accessible qu’au roi et grand prêtre. La plèbe qui l’avait construit restait à l’extérieur.
 
 
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L’un des deux obélisques de la paire en granit rose offerte à la France par Mohamed Ali en 1831. L’autre se dresse actuellement Place de la Concorde à Paris. Le haut des obélisques était recouvert d’or. Leur fonction, capter l’énergie divine de l’astre solaire.
 
 
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Dromos ou allée bordée de sphinx (gardiens des temples) autrefois longue de plus de 2 km avec 700 sphynx, cette voie sacrée reliait le temple de Louxor à Karnak. Seuls deux sphinx étaient visibles du temps de Napoléon.
  

C’est un obélisque inachevé retrouvé à Assouan, encore soudé à la roche qui a montré au monde contemporain le savoir-faire des anciens Egyptiens. On plaçait savamment des coins en bois dans des entailles de la roche, puis on mouillait le bois de cèdre qui enflait et scindait la roche. Le bloc était descendu jusqu’au fleuve et posé sur des briques et du limon, la felouque accostait avant la décrue, puis échouait, on chargeait et on attendait la crue suivante pour livrer.

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Karnak, au grand temple d’Amon, une forêt de 134 colonnes, la nef seule a les dimensions de Notre-Dame de Paris. Chaque pilier à Karnak est relié à l’autre par un clou en…bois de cèdre ramené de Phénicie.

  

Les nécropoles étaient construites sur la rive gauche de Thèbes, là où le soleil se couche. Celles de culte royal étaient édifiées au début du règne d’un pharaon, et les travaux s’arrêtaient à sa mort. Si Séthi 1er a battu des records de longévité, en témoigne sa tombe interminable, Toutankhamon, mort à 18 ans, n’a eu droit qu’à une tombe de quelques chambres, bien que l’une des plus riches et mieux préservées de la Vallée des Rois.

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A l’intérieur des tombes, des fresques de couleurs d’une infinie richesse. Dans la plupart des représentations, les rois portent le pschent, double couronne de Haute et Basse Egypte.