Tania Saleh: «J’adore traduire mes sentiments sur scène, et sentir La réaction du public.»

 Tania Saleh

«J’aime vivre les chansons»

Tania Saleh

Tania Saleh, auteur, compositeur et interprète.© Archives Tania Saleh

Quelle musique vous influence-t-elle? Ma performance ne dépend d’aucune influence artistique, je travaille en toute liberté. Je suis une des rares femmes arabes à être à la fois auteur et compositeur et j’en suis fière, car cela me permet de m’exprimer honnêtement, de parler de notre société en tant que femme, et de ne pas devoir interpréter des chansons écrites par des hommes pour les femmes.

Donnez-nous un aperçu de votre carrière… J’essaie actuellement de trouver des fonds pour pouvoir continuer à écrire et interpréter mes chansons, tout en œuvrant à sauvegarder notre identité et à faire évoluer la chanson libanaise au niveau international. Les grands noms tels Fayrouz, Sabah et Wadih el Safi ont rendu immortelle la chanson libanaise, et moi j’aimerais continuer sur cette voie. Le Liban est très cher à mon cœur et je tiens à l’idolâtrer en interprétant des chansons réelles et émotionnelles de notre vie quotidienne et non pas des chansons d’amour superficielles et peu crédibles.

Qu’est-ce qui caractérise vos performances? J’adore être sur la scène, où je me sens libre et forte. J’aime vivre les chansons et non pas les réciter, et prendre part au jeu. Chaque chanson a une histoire.

Aimeriez-vous vous produire en solo ou en groupe? J’aime bien chanter en solo, mais j’aime aussi rencontrer des gens. Dans un festival, le moment est idéal pour rencontrer et discuter avec des artistes proches à mon cœur. Il ne faut cependant pas oublier notre identité et se lancer dans une aventure qui ne nous ressemble pas. L’année dernière, j’ai été l’invitée d’Ibrahim Maalouf à Byblos et j’ai chanté avec lui et son groupe «La Javanaise» en français. L’expérience fut très agréable d’autant plus que c’était la première fois que je chantais en français. En Norvège aussi, j’ai interprété une de mes chansons en live avec Anneli Drecker et un groupe de musiciens norvégiens. En 2006, ce fut une collaboration avec Rayess Bek, Nile Rodgers, Charlotte Caffey et RZA aux Etats-Unis, et autres.

Que pensez-vous de la chanson au Liban? Les chansons du «mainstream» ne m’intéressent pas. J’ai l’impression que c’est la même chanson qui se répète depuis plus de trente ans. J’aime la musique des groupes libanais qui essaient de produire un nouveau son, comme Ziad Rahbani, Toufic Farroukh, Ibrahim Maalouf, Yasmine Hamdan, Mashrouh Leila, Hanine Y Son Cubano, Les Frères Chéhadé, Oumeima El Khalil, Charbel Rouhana…

Quels sont vos futurs projets? Je contribue à mon troisième vidéoclip avec une chanson de mon nouvel album, «Shwayit Souwar». Produit par Les Folies Designhaus à Dubai, le clip est réalisé par un ami artiste, Obeida Sidani. Je prépare actuellement une chanson en hommage à Baalbeck produite par le Festival de Baalbeck, et une autre en collaboration avec un artiste allemand. De même, deux autres chansons de mon nouvel album vont être remixées par un DJ brésilien. Je dois aussi commencer à écrire mon cinquième album.

Pour plus d’informations: www.taniasaleh.com

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