Paulina Nemcova

Prestige Nº 269-270, Déc. 2015-Jan. 2016

Sculpturale, Sublime… et Simple

De passage au Liban, la célèbre mannequin, actrice, productrice, créatrice de bijoux et avocate Paulina Nemcova n’a rien perdu de son aura de simplicité surprenante. Majestueuse, aux formes sculpturales, elle confie à Prestige sa riche carrière mais aussi ses beaux rêves d’enfant.

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Fourrure et pantalon, le tout Georges Chakra. Parure en diamants, Tufenkjian Jewelry. © Prestige / Photo: Jean Claude Bejjani

Paulina, vous êtes au Liban pour quelques jours… Vous connaissez bien le pays? Malheureusement pas suffisamment. Je ne suis qu’à ma deuxième visite à Beyrouth. Je suis ravie d’être de nouveau ici et je me sens admirablement bien chez vous. Je trouve que le Liban est un pays extraordinaire aux multiples atouts.

Vous êtes née en Tchécoslovaquie d’un père ingénieur et d’une mère professeur de russe et d’histoire. Parlez-nous de votre enfance… J’ai eu la chance d’avoir une enfance heureuse grâce à mes parents qui nous ont élevés, mes deux frères et moi, dans un véritable cocon de tendresse en nous transmettant des valeurs morales qui me semblent, aujourd’hui, indispensables. Petite fille, je n’étais pas très différente de mes camarades. J’ai pu pratiquer le ballet, le ski et la gymnastique. Je suis très reconnaissante du soutien et des encouragements de mes parents, qui m’ont poussée à travailler, ce qui m’a permis d’avoir ainsi les bases nécessaires d’une vie professionnelle épanouie.

Vous avez été découverte à l’âge de 16 ans… Comment tout a débuté? Comment avez-vous convaincu vos parents de vous laisser vous installer à Paris pour devenir mannequin? Effectivement j’ai été découverte à l’âge de 16 ans dans les rues de Prague, par une dame qui recherchait de nouveaux mannequins pour une des meilleures agences à Paris. Cette femme était l’une des premières à prospecter dans les pays de l’Est de l’ancien bloc communiste. J’ai été moi-même très surprise par l’approche de celle-ci, n’ayant aucune connaissance du métier de mannequin. L’idée de pouvoir visiter Paris à mon âge était merveilleuse, un vrai rêve de gamine. J’ai ensuite réussi à  convaincre mes parents de me laisser réaliser ce voyage. Leur accord m’a ravie même s’ils avaient évidemment une certaine appréhension.

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Top orange et pantalon large blanc, le tout Basil Soda. Boucles d’oreilles et bracelets, Yvan Tufenkjian. © Prestige / Photo: Jean Claude Bejjani

Votre carrière a décollé à Paris. Vous faites des campagnes pour Céline, Cartier, Dior… Vous posez pour des photographes de renom comme Tyen, Pamela Hanson, André Rau, Patrick Demarchelier… Vous êtes dans Elle, Vogue, Cosmopolitan… A quel point était-ce difficile de percer dans ce monde tout en poursuivant vos études de droit? Grâce à la discipline que mes parents m’ont inculquée pendant mon enfance, cela n’a pas été si difficile!

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Paulina était dans des campagnes publicitaires de plusieurs marques dont Christian Dior (photo), Céline, Cartier, Lejaby, Clarins…© Archives Paulina Nemcova

Vos meilleurs souvenirs de cette époque? Simplement tous.

Et les moins bons? Peut-être la solitude, s’il faut en trouver un. Dans ce milieu, on est plutôt seul, même si l’on est entouré de gens. Le terme anglais «lonely» me paraît le plus approprié.

Avez-vous ressenti une certaine pression concernant votre poids? J’ai la chance d’avoir une morphologie favorable! Je n’ai jamais réellement eu besoin de me restreindre.

Quel œil portez-vous sur le monde du mannequinat aujourd’hui? Je pense que nous ne sommes pas tous égaux. Certaines personnes peuvent avoir plus de facilités alors que d’autres doivent se «tuer» au travail. Il me paraît difficile de concilier le métier de mannequinat lorsqu’on doit se restreindre jusqu’à en souffrir. Peut-être vaudrait-il mieux trouver une autre voie dans ces cas-là.

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Etole en fourrure, Georges Chakra. Boucles d’oreilles, bague et bracelet, le tout Yvan Tufenkjian. © Prestige / Photo: Jean Claude Bejjani

Vous êtes aujourd’hui actrice, ayant joué, entre autres, aux côtés de Marion Cotillard dans le film «La Môme»… Qu’est-ce qui vous attire dans le monde du cinéma? Ce qui m’attire c’est la représentation qui est faite de l’âme humaine. De nombreux rôles magnifiques permettent de rentrer dans l’âme d’une personne et d’en découvrir les différents états d’âme. Un bon acteur est celui qui sait montrer les dualités internes de son personnage.

Quel est le rôle de vos rêves? Celui qui justement pourrait me permettre de montrer ce que nous venons d’évoquer.

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Robe rouge Basil Soda. Collier et boucles d’oreilles en diamants, Yvan Tufenkjian. © Prestige / Photo: Jean Claude Bejjani

«Pouvoir visiter Paris à 16 ans était un vrai rêve de gamine.»

Avec quel(le) acteur et actrice aimeriez-vous travailler? Quel réalisateur? Et pourquoi? Il ne serait pas juste de n’en citer que quelques-uns. La liste est longue que ce soit des acteurs, actrices ou réalisateurs.

Vous étiez aussi à la tête d’affiche du film de Patrice Leconte, «La Guerre des Miss»… Existe-t-il une «guerre» entre les mannequins? Je n’en ai jamais vécu, peut-être ai-je eu de la chance. Je pense qu’à partir d’un certain niveau, la «guerre» n’a plus lieu d’être.

Vous avez de même lancé votre propre boîte de production… Sur quels projets travaillez-vous? Effectivement, je me suis lancée dans un projet qui vise à réaliser une adaptation du livre Quatre-vingt-treize de Victor Hugo. C’est un ouvrage qui me semble parfaitement placé dans le contexte d’aujourd’hui et des changements qui s’avèreraient nécessaires. Parallèlement, je viens de lancer ma propre marque de bijoux («Gioia by Pavlina Nemcova»).Mes lignes directrices dans leur conception sont la subtilité, la finesse et la possibilité d’être portés quotidiennement. Comme son nom l’indique, Gioia est la joie. C’est une joie pour moi de les créer et j’ai envie de transmettre celle-ci aux femmes qui les portent.

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Aujourd’hui, elle lance sa propre marque de bijoux, «Gioia by Pavlina Nemcova» dont elle est aussi l’égérie. © Archives Paulina Nemcova

Etes-vous un cœur à prendre? Que recherchez-vous et quelle qualité préférez-vous chez un homme? Je recherche l’amour, la sécurité, la tendresse et l’âme sœur. Un homme qui a du caractère.

Paulina, vous ne faites pas votre âge! Quel est votre secret de beauté? Mon unique secret de beauté c’est le sommeil!

Quel est le meilleur conseil beauté qui vous a été donné? Encore une fois, bien dormir et trouver un équilibre intérieur pour se sentir bien avec soi-même.

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Robe blanche, Basil Soda. Montre, Audemars Piguet. © Prestige / Photo: Jean Claude Bejjani

De Prague à Paris, Un parcours couronné de gloire pour Paulina Nemcova.

Votre principal trait de caractère? Têtue.

Votre principal défaut? Têtue.

En trois mots… Têtue mais gentille.

Votre péché mignon? Le chocolat.

Votre plat favori? Le canard de ma mère.

Pièce indispensable à votre garde-robe? La petite robe noire.

Définition de l’élégance… Simplicité et rouge à lèvres rouge.

Look pour la journée? Chemise blanche, jeans et baskets.

Pour une soirée? Une robe simple et des talons.

En vacances vous ne vous séparez pas de… Mon élastique dans les cheveux.

 La femme libanaise est… Tellement belle!

Que réserve le futur pour Paulina? J’aimerais bien le savoir! J’espère surtout que ma marque de bijoux plaira et trouvera sa clientèle. Je souhaite également développer la marque et diversifier les produits.

Qui dit nouvelle année, dit nouvelles résolutions. Quelles seront les vôtres pour 2016? Je ne me suis jamais fixé de résolutions par peur de ne pas pouvoir les respecter. J’avance au jour le jour en apprenant de mes erreurs.

Quels sont vos vœux en cette période festive de Noël et du Nouvel An? Passer Noël avec mes proches, ceux que j’aime et chéris le plus au monde. Qu’ils soient en bonne santé et heureux! Propos recueillis par Maria Nadim.

Photographe: Jean Claude Bejjani

Stylisme: Exposure Studios

Coiffure & Maquillage: Salon Dessange