Amour à nul autre pareil

Prestige N° 272, Mars 2016

Voici venu le mois de mars comme un éclat de gaieté dans l’air. Le printemps arrive le 21 avec ses fleurs, ses senteurs et sa merveilleuse fête des mères. Jonquilles, genêts, coquelicots, mimosas et marguerites composent la guirlande champêtre alors que les roses, les azalées et les cyclamens forment des bouquets chantants à nos mamans. «Al Dounia Oum» (Le Monde est Mère) dit-on en arabe de celle qui nous a donné la vie, celle dont l’amour est à nul autre pareil, pur, désintéressé, éternel. «Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d’amour, vous seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans nos sommeils, mères qui pardonnez toujours, nous trouvez incomparables et uniques, nous faites croire en Dieu.»

 

Madeleine Chiha-Hélou «La mère est célébrée tous les jours»

 

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Marianne et Henri Hélou

Figure de proue du Who’s Who libanais, fille de Michel Chiha et veuve de Pierre Hélou, discrète mais ô combien présente, Madeleine Chiha-Hélou estime qu’une maman c’est presque tout, «elle est le commencement et la fin». Avec sa douceur et son élégance innées, Madeleine confie: «La place de la mère est très importante dans notre famille, nous la célébrons tous les jours mais nous ne lui consacrons pas un jour spécial. Jamais de célébration le 21 mars, de fête, de gâteau de circonstance, de sortie spéciale…» Mère de trois enfants, ayant onze petits-enfants et quatre arrière petits enfants, Madeleine s’estime comblée par sa progéniture. «Mes enfants sont merveilleux, ils me fêtent tous les jours à leur façon, me téléphonent, m’envoient des fleurs, des messages d’affection. Exquis mon aînée Michèle et son époux Nabil Nahas qui est devenu mon troisième fils, mon cadet Henri (le député Hélou) «un bijou» et mon benjamin Philippe, toujours entre deux avions, qui ne manque jamais de m’appeler quotidiennement de là où il se trouve dans le monde… Marianne et Isabelle, mes belles-filles, sont adorables, elles sont mes deux autres filles…»

 

Joya Moawad-Machnouk «La fête des mères, quel bonheur!»

 

Joya Machnouk

Thérèse Moawad et sa fille Joya Machnouk.

Je suis chanceuse de l’avoir pour mère, elle est merveilleuse, si tendre, si gentille, si authentique» dit Joya Machnouk de sa mère Thérèse Moawad. Joya ajoute: «Depuis que je suis devenue moi-même maman, je me suis sentie beaucoup plus proche d’elle. Ma mère est ma meilleure amie, je lui confie mes secrets, on s’appelle plusieurs fois par jour, on fait ensemble voyages, shopping… De plus, elle adore mes trois enfants et eux l’adorent. Rebecca fait des «dessins à téta» et Ryan lui fait un cadeau le Jour des Mères qui est une fête sacrée pour nous. Le 21 mars et c’est la tradition, nous sortons déjeuner ensemble ma mère, ma cousine germaine (Nathalie Rahmé-Abou Fadel) et moi; nous nous échangeons des cadeaux personnels dans ces moments de pure joie.» «La fête des mères, quel bonheur! ­s’exclame à son tour Thérèse Moawad qui explique: «La maternité est le cœur de la femme, son joyau, le pivot de son existence, et assure la continuité et l’équilibre du couple.»

 

Sibylle Nasrallah-Majdalani «Un bijou spécial et des mots d’amour»

 

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Sibylle Majdalani et sa mère Randa Tabbah Nasrallah.

Pour moi, le «jour des Mères» est avant tout l’occasion pour chacun d’exprimer à sa mère ce qu’elle est pour lui, de traduire un élan d’affection en un cadeau qui pourrait n’être qu’une simple lettre…» dit Sibylle Nasrallah qui célèbre ce jour spécial avec sa mère, la designer de bijoux Randa Tabbah. «Le 21 mars, nous nous retrouvons toutes les trois, Randa, ma sœur Thalie et moi pour savourer le bonheur d’être ensemble», confie Sibylle, mère de Sari, petit garçon de 3 ans, qui comprend mieux aujourd’hui, la grandeur de la maternité. «Plus que mère et fille, nous sommes de grandes amies, des complices dans la vie… et dans la création», ajoute Sibylle, elle-même designer, qui a été major de promotion à l’école de design et d’architecture de l’ALBA avant de travailler plusieurs années avec l’architecte Bernard Khoury. Aujourd’hui, Sibylle a créé sa propre ligne de bijoux, en tandem avec sa mère Randa Tabbah, fondatrice de la bijouterie portant son nom à Saïfi Village. Ce ­qu’offrira Sibylle à sa mère le jour de sa fête? «Des mots… simplement… pourvu qu’ils soient vrais, ressentis et je l’espère, partagés!».Dans sa collection «Somewhere in Beirut», Randa Tabbah immortalise avec Sibylle des lieux et des instants magiques de leur mémoire affective.

 

Jana Thoumi, «Bien-être et sécurité»

 

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Jana Thoumi.

«La maternité, quelle grâce du Ciel!» s’exclame Jana Thoumi, jeune célibataire, master en biologie moléculaire de la LAU, professeur de biologie à Broummana High School. «Pour moi, la fête des mères est symbolique car j’aime la célébrer tous les jours, les petits gestes de la vie quotidienne envers ma mère le prouvent, il n’est pas nécessaire d’un jour spécial pour lui témoigner mon affection, mon amour. N’empêche que je lui offre un cadeau le 21 mars, c’est souvent un produit de beauté ou la carte d’une association pour un déjeuner spécial fête des mères.» Et Jana d’ajouter: «La maternité est un cadeau magnifique qui procure bien-être et sécurité réciproque. Nous sommes très liées, ma mère (Jessy ­Thoumi) et moi, elle est ma plus grande amie, j’écoute ses conseils et quand par mégarde je ne les suis pas, j’éprouve un sentiment de culpabilité…»

 

Nathalie Issa el Khoury-Bitar «Joie et nostalgie d’un amour infini»

 

Nathalie Bitar

Nathalie Bitar et ses jumelles.

Juriste de formation, détentrice d’un bon poste administratif, épouse du Dr Elias Bitar, Nathalie Issa el Khoury-Bitar est la mère de deux adorables jumelles: Céline et Joëlle qui ont sept printemps. Pour elle, la fête des mères est «la fête du don, de l’amour infini, de la continuité.» Comment ressent-elle cette fête? «Joie et nostalgie du passé s’entremêlent, ayant perdu ma mère deux semaines avant la naissance de mes filles. Aujourd’hui, je la vois dans mes jumelles qui me fêtent avec des cœurs, des bricolages et… un cadeau onéreux (bijou) acheté par Elias, leur père.»

 

«Une mascarade au nom de l’ingratitude»

Autre son de cloche pour Françoise F. qui tient à garder l’anonymat et qui estime que «la fête des mères est une mascarade commerciale.» «Pour faire comme tout le monde, confie-t-elle, j’offre le jour de la fête un cadeau à ma mère qui ne le mérite pas vraiment. Elle a toujours été égoïste, avare, autoritaire, sournoise et perfide à mon égard. Elle ne m’a jamais rien donné, même pas de l’affection. Elle ignore ce qu’est la maternité, l’amour filial… Considérant peut-être que je ne suis pas dans le besoin, elle a été jusqu’à me déshériter totalement au profit de mon frère nanti, alors que je lui ai beaucoup donné et continue à donner bêtement, lui assurant divers services et belle maison à elle toute seule sans loyer depuis de nombreuses années… Au nom de la morale chrétienne et du commandement de Dieu «Tu honoreras ton père et ta mère…»