Jean-Philippe el-Khazen

Prestige N° 272, Mars 2016

Photographie et Navigation, la conjugaison plus que parfaite d’une double passion

Entre la navigation, sa passion première, et la photographie, sa première passion, le cœur de Jean-Philippe el-Khazen a penché pour les deux, en parfaite osmose. Son ouvrage, «La mer, planches nocturnes Du crépuscule jusqu’à l’aube» est une invitation à un long voyage en mer à travers la photo. Des prises de bateaux, d’oiseaux, de barques, de ports et de plages emmènent les passionnés de mer un peu partout en Méditerranée orientale, en France, en Grèce ou aux Etats-Unis… Aux premières lueurs du jour ou aux dernières pointes de la nuit. Dans une rencontre avec Prestige, l’auteur relate sa merveilleuse plongée photographique, toute vivante et passionnante.

 

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Symi, Grèce, 2013. © Archives Jean-Philippe el-Khazen

 

Jean-Philippe el-Khazen présente son ouvrage «La mer, planches nocturnes…» C’est l’univers de la mer vu à travers un thème de prédilection, la photographie nocturne. Des instantanées prises au gré des voyages, aux teintes singulières.

D’où vient cette passion pour la mer? A l’adolescence, j’ai pratiqué certains sports nautiques, particulièrement la voile et la plongée en scaphandre autonome avec la photographie sous-marine.

Photographe depuis l’adolescence, votre style a-t-il évolué? Mes débuts en photographie étaient faits d’essais hasardeux. Cela menait à des résultats farfelus. Puis les choses ont évolué et je me suis lancé dans le Portrait. Plus tard, j’ai adopté l’Instantané.

 

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Mer Egée, 2014. © Archives Jean-Philippe el-Khazen

«C’est entre ciel et mer, que l’on communie le mieux avec la majesté des éléments et leurs couleurs.»

Est-ce vous-même qui développez vos photos? Quelle différence y a-t-il entre la photographie d’hier et celle d’aujourd’hui? Au début des années 70, j’ai acheté mon premier labo de développement. Le kit comprenait un agrandisseur, un cylindre pour négatifs, un jeu de cuves, des pinces et une sécheuse. C’était l’époque des procédés à l’argentique où on utilisait les sels de bromure, d’ailleurs très agressifs pour la tuyauterie de la maison. Il fallait des heures de travail et beaucoup d’expérience pour réussir les épreuves. Aujourd’hui, grâce au numérique, les procédés sont extrêmement simplifiés. Il suffit d’un bon logiciel, de l’habilité et bien entendu, un certain raffinement.

La mer, planches nocturnes… que voulez-vous signifier par planches? En art graphique, une planche est un dessin ou une image illustrant un thème défini.

Décrivez-nous une séance de shooting… A la différence de la photographie en studio, l’Instantané ne nécessite aucun matériel lourd. Il suffit d’enfiler l’appareil et de se promener le long d’un quai, d’une plage ou d’être sur le pont du bateau en ayant le doigt sur le déclencheur.

 

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Port de Bodrum, Turquie, 2013. © Archives Jean-Philippe el-Khazen

 

De la Méditerranée aux Caraïbes en passant par l’Atlantique Nord, vous dévoilez votre amour pour la mer à travers des clichés saisissants. Quel paysage avez-vous aimé le plus? C’est au large que l’émotion est au summum. Quoiqu’on soit uniquement entre ciel et mer, c’est là que l’on communie le mieux avec la majesté des éléments et leurs couleurs.

Vous avez fait beaucoup de voyages et pourtant vous n’en avez retenu qu’une sélection d’images pour votre livre. Comment avez-vous fait le choix? Comme il existe de nombreux ouvrages de photos de la mer pour la plupart diurnes, j’ai donc opté pour un tri de photos nocturnes.

Quelle photo vous a-t-elle impressionné le plus? Celle d’un bateau qui passe en bas d’une falaise. C’est un spectacle majestueux!

 

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Marina de Larnaca, Chypre, 2009. © Archives Jean-Philippe el-Khazen

 

Vous estimez-vous navigateur ou photographe? Quelle passion l’emporte? La navigation est ma passion première et la photographie est ma première passion. C’est ainsi que je les perçois.

Quels conseils donneriez-vous à un photographe débutant? Un dernier mot… La meilleure lentille du monde est l’œil humain. C’est en observant une scène ou un objet insolite, que l’on peut visualiser le bon cliché. L’appareil photo est l’outil nécessaire à la matérialisation du spectacle. Propos recueillis par Mireille Bridi Bouabjian