Saada el Assaad Fakhry

Prestige N° 274, Mai 2016

Originaire du Sud-Liban, Saada el Assaad Fakhry, ambassadrice de bonne volonté de Live Lebanon à Ghana, nommée par l’UNDP, a le Liban dans son cœur. Traduisant ses sentiments en pratique, elle a réalisé son premier projet destiné au développement d’une région de son pays. Parmi les projets proposés par l’UNDP, elle choisit celui d’alimenter Ain el Tineh, au Nord-Liban, en eau potable. Un premier pas réussi, mais qui est loin d’être le dernier. Car Madame l’ambassadrice est déterminée à poursuivre sa mission hautement humanitaire avec enthousiasme et passion, jusqu’au bout. Dans une rencontre avec Prestige, Saada Fakhry raconte.

 

 

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Saada Fakhry, ambassadrice de bonne volonté de l’UNDP. © Prestige

 

«Je rêve de transformer la haine en amour et la guerre en paix»

Qui est Saada el Assaad Fakhry? Issue de la famille el Assaad du Sud qui a joué un rôle important dans l’histoire de Jabal Amel, je me suis mariée à un jeune âge à Saïd Fakhry, businessman établi à Ghana. L’action caritative m’a toujours passionnée et absorbait la majeure partie de mon temps partagé entre la famille et le social. Plus tard, j’ai suivi à Londres mes quatre enfants qui poursuivaient leurs études universitaires et j’ai continué à participer à toutes les activités caritatives visant le bien public et contribuant à soutenir le Liban, en pleine guerre à cette époque. Dernièrement nous avons fondé à Zrariyé au Sud-Liban, mon mari et moi, un centre culturel, technique et artistique pour initier les jeunes à l’ordinateur, aux langues et aux arts comme le ballet, la musique et les travaux manuels.

Racontez-nous comment vous avez été choisie ambassadrice à Ghana… Le ministère libanais des Affaires étrangères, de concert avec le Programme des Nations Unies pour le Développement, UNDP, et la Direction des Emigrés nomment des ambassadeurs de bonne volonté dans un objectif bien précis. Ils sont choisis parmi des personnalités libanaises émigrées et actives dans le domaine social, pour financer des projets exécutés par l’UNDP en collaboration avec les municipalités locales, dans le cadre de l’initiative Live Lebanon. Après une étude méticuleuse et au regard des activités que j’accomplissais à Accra et ailleurs, je fus nommée ambassadrice de bonne volonté à Ghana.

Quel projet de développement avez-vous réalisé? Une liste de projets est proposée par l’UNDP, en accord avec Live Lebanon. Pour ma part, j’ai choisi un qui me paraissait essentiel et vital. A savoir l’installation du réseau principal de canalisation d’eau potable pour la région de Ain el Tiné, au Nord-Liban. Et afin d’assurer le financement, j’ai organisé un grand dîner de levée de fonds à Accra auquel a pris part, de tout cœur, la communauté libanaise établie à Ghana. C’est ainsi que j’ai réussi à financer et à réaliser ce projet. En décembre 2015, après cinq mois de travaux, le projet fut inauguré. Ain el Tiné était en fête, célébrant joyeusement cet heureux événement.

 

 

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Fanfare et musique pour accueillir l’ambassadrice de bonne volonté Saada Fakhry, à ses côtés son époux Saïd Fakhry. © Archives Saada Fakhry

 

Comment avez-vous assuré le suivi? Le projet a été supervisé et suivi de A à Z, après une étude méticuleuse qui a précédé les travaux. J’effectuais personnellement des visites régulières au chantier en compagnie de Hanine Fakih et de son équipe de l’UNDP, pour nous assurer de la bonne marche des travaux.

 

 

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Me Nazih Obeid, Rala Bayeh caïmacam de Donniyé, Saada Fakhry et Dr Raghed Assi. © Archives Saada Fakhry

 

Avez-vous un second projet pour Live Lebanon? Je souhaite promouvoir l’éducation car les jeunes sont le futur du Liban. Etudier dans un cadre sain est important. J’aimerais restaurer une école pour la santé et le bien-être des élèves. Je vous donnerai plus de détails dès la mise en marche du projet. Rester loin de la politique et réaliser un projet humanitaire dans chaque région du Liban est mon but.

 

 

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Saada Fakhry, Me Nazih Obeid, président de la municipalité de Ain el Tiné et Saïd Fakhry devant la plaque commémorative du projet. © Archives Saada Fakhry

 

La qualité que vous préférez chez une personne? L’honnêteté, la sincérité et la fidélité.

Votre occupation préférée? La décoration d’intérieur.

Votre rêve de bonheur? Réussir sa vie et ses accomplissements.

Le plus beau compliment que vous avez reçu? «Vous êtes une femme unique».

Votre plus beau souvenir? Je garde trop de bons souvenirs. Mon mariage, mes enfants et la signature de mon premier livre en langue arabe sur l’art floral, l’Ikebana, un art de vivre spécifiquement japonais.

Que changeriez-vous dans le monde avec une baguette magique? Je transformerais la haine en amour, la guerre en paix…

Vous collectionnez des tortues. Parlez-nous de cette passion… En fait, c’est une véritable passion. La tortue est un porte-bonheur, un symbole de longévité. D’ailleurs j’ai une grande collection de bibelots et d’ouvrages concernant la tortue. Je choisis même des accessoires mettant la tortue en vedette, telles cette montre à mon poignet avec la tortue sur le cadran, ou encore ces boucles d’oreilles en améthyste, la pierre caractéristique de mon signe Poissons… Il semble que la tortue porte bonheur si sa tête est exposée vers la porte d’entrée. Placée à gauche, la chance sera du côté des affaires. A droite, elle sera plutôt du côté de l’amour.

Dans quel pays aimeriez-vous vivre? A Ghana et au Liban pour rencontrer les amis et remplir mes obligations familiales et professionnelles. Et à Londres pour m’adonner à mes hobbies, sans pression ni contrainte.   Propos recueillis par Mireille Bridi.