Juan-Carlos Torres

Prestige Nº 280, Novembre 2016

 

Vacheron Constantin poursuit son engagement dans l’excellence et dans la préservation des métiers d’art

 

A l’occasion de l’ouverture d’une boutique Vacheron Constantin au Liban, Prestige a rencontré Juan-Carlos Torres CEO de Vacheron Constantin, la plus ancienne manufacture horlogère fondée en 1755 à Genève. Parlant des montres de la marque, il a notamment évoqué la Overseas qui incarne l’esprit du voyage.

 

 

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Juan-Carlos Torres, CEO de Vacheron Constantin © Vacheron Constantin

 

 

Vous lancez cette année la montre Overseas, quels sont les codes de cette montre et quelle est son histoire? Les codes de la montre Overseas sont connus depuis plus de 20 ans. Elle est munie d’un bracelet aux maillons polis et satinés en forme de demi-Croix de Malte, une croix aux palettes très stylisées sur la lunette, et un boîtier plat d’une grande étanchéité. Cette année nous lançons la 3e version d’Overseas avec différents modèles spécifiques dans cette gamme. En haut de gamme nous avons un quantième perpétuel extra-plat, un chronographe simple avec une grande lisibilité. En modèle d’entrée nous proposons l’automatique, et pour la femme, un modèle en acier serti de diamants. Nous avons également la Worldtime, avec les heures du monde, c’est le compagnon du voyageur. Son cadran affiche37 fuseaux horaires simultanément, y compris les fuseaux décalés d’une demi-heure ou d’un quart d’heure par rapport à l’heure UTC. Chaque pièce arrive avec un système de bracelets interchangeable unique. Elle est livrée avec deux bracelets supplémentaires: un bracelet en cuir d’alligator gris foncé, cousu main, et un bracelet en caoutchouc noir. Ces montres sont certifiées Poinçon de Genève qui reflète l’exigence, la patience, la créativité, le mouvement, la transmission, l’ouverture au monde qui sont les fondements de Vacheron Constantin.

Vous avez eu recours au photographe américain Steve McCurry afin d’illustrer la collection Overseas. Pouvez-vous nous parler de cette expo? Pour incarner cet esprit du voyage, nous avons collaboré avec le photographe de légende américain, Steve McCurry, qui est entré au Panthéon de la photographie grâce à son fameux cliché de la jeune Afghane aux yeux verts, paru en couverture du magazine National Geographic en juin 1985. Le photographe a immortalisé à travers son objectif 12 lieux insolites du monde, à l’image des 12 heures du cadran. Ce voyage s’est poursuivi à travers le monde pendant un an afin de capter des sites rares parfois méconnus et inaccessibles. Ce voyage qui a débuté à la Manufacture Vacheron à Genève a traversé le Japon, l’Inde, la Chine, la Russie, l’Ouzbékistan, le Mexique, New York, le Maroc, l’Ecosse, l’Ethiopie, la France. Derrière ce partenariat, un dénominateur commun: la notion d’éternité tant dans la représentation de l’histoire du monde que dans l’expression du temps.

La manufacture Vacheron Constantin est née en 1755, qu’est-ce qui la distingue des autres maisons de Haute Horlogerie? Vacheron Constantin est la plus ancienne manufacture horlogère qui a prouvé à travers les décennies son audace autant technique que stylistique. En 1755 la manufacture a créé la première montre de poche en argent. S’ensuivirent plusieurs innovations dont les premières complications étaient conçues à la fin du XVIIIe siècle, puis au XIXe siècle Vacheron a créé des montres de poche double face et des montres bracelets pour dames. En 1912 la forme tonneau a vu le jour et la maison persévère au XXIe siècle avec la même créativité et la même exigence.

 

 

 

 

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© Vacheron Constantin

 

 

 

Pouvez-vous nous parler de l’«Atelier Cabinotiers Special Order», que vous avez créé en 2006? Vacheron Constantin a 50 à 100 projets en cours chaque année à l’atelier Cabinotiers, un atelier de montres sur mesure, des montres non seulement personnalisées mais développées comme le client le souhaite, de A à Z. L’année passée notre montre de poche très compliquée, la 57260, était le meilleur exemple de tout ce que ce département a pu créer.

Vous avez ouvert une boutique monomarque au Liban. A votre avis quels avantages peut en tirer votre clientèle? L’avantage c’est de permettre à la marque de s’exprimer, l’espace d’une boutique permet de présenter la plus grande partie de la collection de nos montres. Aussi une boutique sert d’ambassade dans un pays, nous avons voulu que notre ambassadeur soit Cadrans. Nous avons entrepris cette démarche pour faire plaisir aux Libanais, aux personnes qui sont déjà collectionneurs des montres Vacheron, afin qu’ils aient un endroit où aller voir ces montres et discuter avec des spécialistes. Vacheron est une marque très demandée, avec des garde-temps aux techniques parfaitement maîtrisées, à l’esthétique harmonieuse et une finition de très haut niveau. De plus le client reçoit un service de qualité parce que les vendeurs sont bien formés à Genève.

A une certaine période, la Croix de Malte avait posé un problème au Moyen-Orient, ce problème existe-t-il toujours? La Croix de Malte n’est pas un signe religieux, c’est une pièce d’horlogerie, elle n’est pas ostentatoire sur la montre, elle est très discrète, on ne la voit pratiquement pas.  A un certain moment les annonces publicitaires avaient posé problème mais pas la montre.

Vacheron avait conçu des montres femmes avec des formes asymétriques, les nouvelles ne sont pas dans ce style, pensez-vous revenir à ces modèles? Nous avons plusieurs montres asymétriques dans nos collections, mais le trend est actuellement pour les montres rondes. Plus tard si le goût change on reviendra à ces modèles.

A votre avis qui sont les amis de Vacheron Constantin? Les amis de Vacheron sont ceux qui possèdent des montres, des collectionneurs, des gens de la presse, qui suivent Vacheron depuis des années et qui font la promotion de la marque. J’incorpore aussi dans les amis de la marque les collaborateurs.

Quelle est la montre best-seller chez Vacheron Constantin? Patrimony et Overseas, avec la différence que Patrimony est très peu copiée. La Patrimony est très esthète, c’est une montre élégante. Propos recueillis par Marcelle Nadim