Christoph Grainger et George Kern

Prestige Nº 285, Juill-Août-Sept. 2017

 

Grande qualité et innovation chez IWC Schaffhausen

Pour la 27è édition du SIHH, la marque renommée de montres pour pilotes, IWC Schaffhausen, a décoré son stand tel un palais florentin inspiré par les œuvres de Léonard Da Vinci. Deux directeurs généraux de la marque, le directeur sortant George Kern et le nouveau directeur Christoph Grainger ont répondu aux questions de la presse afin de présenter leur nouvelle collection axée sur une ligne féminine en différentes catégories, dans le cadre de leur nouvelle stratégie d’évolution de la marque, en termes de merchandising, offres et information numérique.

 

 

Christoph Grainger Directeur général d’IWC Schaffhausen, George Kern directeur de l’horlogerie, marketing et numérique à Richemont et membre du comité de direction du groupe depuis 2012. © IWC Schaffhausen

 

Pouvez-vous nous parler de l’évolution de la Da Vinci? Christoph Grainger: Nous avons introduit la Da Vinci en premier en 1969 sous la forme tonneau, ensuite nous avons lancé en 1985 le calendrier perpétuel iconique de Kurt Klaus dans une Da Vinci de forme ronde inspirée directement de la version de cette année. Ce calendrier perpétuel facile d’utilisation avec un minimum d’ajustements met IWC sur la carte de Haute Horlogerie. Nous l’avons relancé en 2004 quand Da Vinci a adopté le design avec de larges chiffres sur le cadran, ensuite de 2007 à 2017 nous avons la forme tonneau basée sur la forme originale de 1969. Aujourd’hui, avec Da Vinci 36, plus formelle, nous travaillons à produire un autre pilier dans la collection féminine la Portofino 37, une offre de montre sportive, et le Pilot 36, la version la plus sportive de notre segment féminin.

Une même femme pourrait-elle porter divers modèles? Christoph Grainger: Je pense que c’est un choix de style basé sur ce qu’on préfère dans les deux modèles.

Il semblerait que vous avez mis quatre à cinq ans pour lancer cette Da Vinci. Christoph Grainger: Nous regardons vers le futur, nous faisons des choix stratégiques sur nos lancements dans le but de garder plusieurs produits, qui conviendraient au marché et aux attentes des clients.

 

 

Da Vinci Perpetual Calendar Chronograph. © IWC Schaffhausen

 

 

Jusqu’où irez-vous dans cette focalisation sur les montres féminines? Christoph Grainger: Nous sommes dans la direction du marché. Le dernier segment sur le marché horloger du luxe est féminin, au tout début nous étions concentrés sur un segment unique pour remettre la marque sur la carte. En grandissant, les lignes se développent, il y a de nouveaux produits, de nouveaux clients, d’autres territoires s’ouvrent quand notre réputation se confirme. Dans ce contexte, c’est très sensé d’avoir une offre féminine complète et c’est sur quoi nous travaillons avec l’introduction de la Portofino 37, pas à pas.

Comment expliquez-vous ce changement de cap? Christoph Grainger: Il y a plusieurs univers au sein d’ IWC. La collection Portofino et la collection Da Vinci qui s’adressent aux femmes font partie de cet univers. Nous jouons sur plusieurs plans.

Y aura-t-il un nouveau merchandising après cette collection telle l’adoption de boutiques pour hommes et femmes au lieu de boutiques orientées vers les hommes? George Kern: Cela se reflète dans notre merchandising et nos animations. Nous avons de plus grandes boutiques avec des lignes individuelles et des offres féminines.

 

Da Vinci Automatique 36. © IWC Schaffhausen

 

 

Les boîtiers ronds reviennent dans la collection Da Vinci et si vous regardez le nouveau chronographe calendrier perpétuel, il est similaire à celui sorti en 1985. Après trente ans quelles sont les différences majeures et les améliorations entre ces deux modèles? George Kern: Quand vous avez un joli design, vous le faites évoluer en modèle classique, toute la forme du boîtier est différente, la ligne féminine est différente, nous avons des innovations… Nous avons à la fois des améliorations techniques et des changements esthétiques.

Tout le monde parle des jeunes nés dans les années 2000…Quelle importance représente cette catégorie pour IWC? George Kern: Ils sont aussi importants pour nous que pour le reste des marques de l’industrie, puisqu’ils représentent la génération future qui achètera nos produits.

Quels produits pourraient être considérés comme s’adressant à ces jeunes? George Kern: Nous manufacturons des produits qui techniquement n’ont pas changé depuis 250 ans. Vous pouvez produire des articles traditionnels et être dépassés comme vous pouvez produire des articles traditionnels et être modernes, comme vous pouvez avec des articles traditionnels vous adresser à la jeune génération.

Ce phénomène des boutiques mono-marque qui se développe de nos jours, traverse-t-il tous les marchés? George Kern: Non je pense qu’il y a plusieurs options dans différents marchés. Cela dépend des préférences du consommateur, une fois que le choix se porte sur une marque, certains consommateurs préfèrent aller dans une boutique mono marque pour voir la sélection entière de la marque.

 

Da Vinci Automatic Moon Phase 36. © IWC Schaffhausen

 

 

Après le ralentissement des dernières années, pensez-vous qu’il y a un changement fondamental? George Kern: Le marché a totalement changé ces deux dernières années. Je ne pense pas que nous expérimentons un ralentissement, les consommateurs changent, tout change.

Je voudrais avoir votre opinion sur l’avantage d’exposer ici à Genève? George Kern: Nous sommes à Genève, c’est un effort des marques pour élargir l’audience en invitant les gens à Genève surtout que pour la première fois, les portes du salon s’ouvriront aux clients le dernier jour.

Christoph Grainger, quel est votre plus grand défi en tant que PDG actuel de la marque? Christoph Grainger: Je suis très fortuné d’avoir pu travailler de près avec George les dix dernières années. J’hérite d’une marque très forte, de produits fantastiques… Nous faisons tous face aux défis liés à l’industrie, et nous continuerons à évoluer et développer notre stratégie dans cette direction. Interview Conducted in Geneva by Maria Nadim