Roy G. Harb

Prestige N 287-288, Déc. 2017-Janv. 2018

 

Dans son troisième roman L’Immeuble des Rêves, «Mabna El-Ahlam», l’auteur Roy Harb allie merveilleusement bien philosophie, poèmes, illustrations et peintures. Des scènes tirées de la vie quotidienne, où le langage est simple et le message précis, «Osez rêver!» est une incitation au rêve, mais aussi à la lecture d’un roman qui laisse le lecteur sur sa faim. Dans une rencontre avec Prestige, l’auteur raconte.

 

 

L’auteur Roy G. Harb.

 

                                              «Il n’y a pas de vie sans rêves»

 

 

Parlez-nous de votre roman L’Immeuble des Rêves… Préfacé par le ministre Melhem Riachi, ce roman de 216 pages raconte l’histoire de Samir Choueifaty, un avocat d’une cinquantaine d’années, prisonnier de son passé. Il ne cesse de penser à son premier amour, Olfat, devenue Olga Rain, scénariste canadienne de renom. De retour à son pays natal, Olfat lance son film L’Immeuble des Rêves dans lequel elle évoque une histoire d’amour, la sienne. Samir a des difficultés avec son épouse Noha, et ne peut vivre son présent que dans une solitude noire, une solitude dans la multitude. Il retourne à son village natal, la cité de ses rêves d’enfance et d’adolescence où il retrouve Montaha, sa voisine qui tombe amoureuse de lui et de ses enfants Farid et Fadi avec lesquels elle joue le rôle d’une mère dont la vie l’a privée. Il retrouve aussi le grand-père Youssef, et Olfat, qui l’aime toujours. Quel futur pour ce couple? et les enfants? Montaha cèdera-t-elle à son nouvel amour? Philosophie, poèmes, illustrations d’Ihab Malaeb, peintures de la jeune Serena Sfeir de 7 ans et mosaïque de Joumana Wehbé El-Daher en couverture sont en harmonie dans ce roman dont les scènes sont tirées du quotidien, et où le langage est simple, le message précis: «Osez rêver!».

En quoi se distingue-t-il de vos précédents ouvrages? Avec le temps, l’homme change, devient plus mûr et gagne de l’expérience. L’histoire de ma vie, paru en 2011 à Dar Annahar, était la biographie d’un jeune homme qui assume la repsonsabilité de sa mère et de ses deux sœurs lorsque son père quitte la maison pour retrouver sa maîtresse. Mon second roman Nasamat el Hanin, illustré par Sandra Clark, est poétique. Mabna El-Ahlam se distingue, lui, par ses questions philosophiques simples, ses événements, ses personnages et par la richesse de ses actions. L’idée de ce roman remonte à 2011, durant un atelier d’écriture avec le scénariste égyptien Mahmoud Dessouky. L’intrigue était supposée être développée en feuilleton, mais faute de production, elle a été transformée en roman imprimé.

Votre livre est illustré de photos expressives… Quel plus cela apporte-t-il à l’ouvrage, à votre avis? Comme le marché de la lecture est en récession, nous avons besoin de trouver des moyens qui motivent les gens à lire, à prendre en main le livre en papier, ou même le livre électronique. Mabna El-Ahlam paraîtra en 2018 sous forme d’un e-livre. J’essaie d’en faire une galerie vivante. Ihab Malaeb et Ribelle Azzi ont transformé neuf scènes en magnifiques illustrations. C’est comme si vous regardez un film de cinéma. Voilà une valeur ajoutée à ce roman, et le lecteur ne s’ennuiera pas.

Pourquoi accordez-vous une part aux rêves et aux sentiments? Les rêves et les sentiments sont des caractéristiques humaines sublimes sans lesquelles la vie sera fade et sans goût. Sans eux, il n’y a pas de vie. Même après la mort, on rêve d’une vie éternelle. Mon père me disait «ose rêver», et je ne cesse de le faire. «Le jour où tu quitteras cette terre, rêve d’un autre monde plus splendide et pacifique, et tu le trouveras», disait-il. J’essaie de transmettre ce message à mes lecteurs.

Quels sont les rêves que vous souhaitez réaliser? J’aimerais vivre en paix, garder espoir et voir mon feuilleton L’Autoritaire, Al Moustabidda, réalisé cette année et diffusé sur les chaînes télévisées. Mon rêve le plus tendre est de prendre mes enfants dans mes bras.

Aimeriez-vous voir vos romans adaptés à l’écran? Oui bien sûr. Je n’adopte pas le style descriptif. J’écris mes romans à la manière d’un feuilleton. A noter que j’enseigne l’écriture de scénario. Le célèbre scénariste libanais Chucri Anis Fakhoury voyait en Nasamat el Hanin un film romantique adapté au grand écran, et en Ossit Omr un feuilleton télévisé. Au plaisir de voir ce rêve réalisé.

Si vous n’étiez pas écrivain, qu’auriez-vous aimé être? Un chirurgien plastique. J’aime la beauté!

Propos recueillis par MIREILLE BRIDI BOUABJIAN