Bienvenue au Ghana

Prestige N 289, Fév. 2018

 

Tourisme par Michel Kaikati

 

Cap sur Accra, la capitale du Ghana, que nous atteignons en 7 heures de vol depuis Beyrouth. «Welcome to Accra!» vous dira l’aimable hôtesse d’accueil à votre arrivée à l’aéroport de Kotoka. Nous sommes vraiment en pays ami. ACCRA est la ville la plus peuplée du Ghana avec ses 2.850.000 habitants. C’est le centre politique, administratif et financier du pays. En 1877, Accra remplace Cape Coast en tant que capitale de la colonie britannique de Gold Coast et elle demeure la capitale lorsque l’indépendance du Ghana est proclamée, le 6 mars 1957.

 

Architecture coloniale britannique, bâtiment de la Cour Suprême à Accra. © D.R.

 

Faisons connaissance avec la ville

  • Accra Central est le cœur de la ville où de très nombreux Ghanéens se rendent pour leurs affaires ou leurs achats, en particulier au marché de Makola Kantamanto.
  • Adabraka est un ancien quartier résidentiel dominé depuis les années 1990 par la Trust Tower.
  • En vis-à-vis du site de l’aéroport international de Kotoka, Airport Residential est l’un des plus chics quartiers de la ville, qui abrite de nombreux bureaux et organisations internationales.
  • Cantonments est un quartier très boisé qui accueille de nombreuses ambassades dont l’imposante ambassade des Etats-Unis.
  • A Christianborg où est situé le château d’Osu, ancien siège du Gouvernement aujourd’hui musée, la communauté des expatriés aime profiter des nombreux magasins et restaurants se présentant tout au long d’Oxford street.

La ville d’Accra se caractérise par une faible concentration verticale, en raison de l’espace disponible à la construction. Le centre de la ville recèle de nombreux bâtiments de l’époque coloniale. L’activité manufacturière s’est essentiellement développée dans le quartier d’Adabraka où les activités industrielles concernent l’agroalimentaire, les industries du bois et l’industrie textile et de l’habillement.

 

Accra ville touristique

La ville offre un hébergement de standard international dans les grands hôtels. Elle est connue pour être l’une des plus grandes villes de l’Afrique de l’ouest. La Place de l’Indépendance, dominée par un énorme arc sous lequel scintille une flamme magnifiant la libération de l’Afrique, est tout indiquée pour commencer la visite de la ville. Nous visiterons, en bord de mer face à la Cour Suprême, le Mémorial de Kwame Nkrumah, ce grand Homme d’Etat ghanéen qui a marqué l’histoire de son pays. Quelques plages aménagées dans les secteurs de Labadi font la joie des touristes tandis que les restaurants de ces quartiers offrent des cuisines variées convenant à tous les goûts.

 

La vie culturelle

Accra abrite les institutions culturelles les plus prestigieuses du pays: le Musée National, l’Académie des Arts et des Sciences et la Bibliothèque Nationale. On y trouve en outre le Théâtre National et l’Accra Centre for National Culture. La présence culturelle étrangère est représentée par le British Council, l’Alliance Française d’Accra et le Goethe Institut. Sont établis également à Accra les sièges et bureaux des médias les plus importants du pays: les journaux The Daily Graphic et The Ghanaian Time, ainsi que les locaux de la Ghana Broadcasting Corporation.

 

L’Arche de l’Indépendance. © D.R.

 

Accra ville universitaire

L’Université du Ghana est basée à Legon dans la périphérie d’Accra, de même que la prestigieuse Ecole d’Ashimota fondée en 1924 dans la banlieue nord de la capitale.

 

Une importante communauté libanaise

Les Libanais contribuent activement à l’essor industriel et commercial du Ghana comme ils le font dans les autres pays d’Afrique de l’ouest comportant de fortes communautés libanaises. De fait, depuis plus d’un siècle, des milliers de Libanais sont établis dans les pays d’Afrique occidentale, principalement au Nigeria, au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Devant se rendre occasionnellement à Beyrouth, les Libanais devaient autrefois transiter par l’Europe : Londres, Paris ou Amsterdam, et emprunter après de très longues heures d’attente allant parfois jusqu’à 24 ou 48 heures une correspondance vers Beyrouth. D’où l’utilité de l’ouverture de lignes directes, sans changement d’avion, entre ces pays et le Liban. Ce que fit Air Liban en 1955 avec sa première ligne sur Accra, en 1956 sur Lagos et Abidjan, et en 1960 sur Dakar.

 

Première ligne sur Accra

L’auteur de cet article, alors Chef Promotions Ventes d’Air Liban, était détaché dans la région durant 5 mois, de février à juin 1955 pour travailler sur place au lancement de cette ligne directe. Ce qui signifiait qu’il fallait aller  en empruntant pour ses déplacements intervilles les petits avions Dove à 6 places de la WAAC (West African Airways Corporation) à la rencontre des Libanais de Kano et Lagos au Nigéria comme d’Accra et Kumasi au Ghana, afin d’optimiser les Ventes et Réservations.

 

En 1955, groupe d’enfants scolarisés au Liban et rejoignant leurs parents au Ghana pour les vacances d’été. © Archives Personnelles

 

Inauguration du vol direct

Entre Beyrouth et Accra

C’est le 5 avril 1955, il y a donc bientôt 63 ans, que fut inaugurée la ligne Beyrouth-Accra avec escales à Khartoum, Fort-Lamy aujourd’hui N’Djamena, Kano et Cotonou. Elle était opérée en Douglas DC4, dont deux appareils, de mémoire, immatriculés ODACA et ODACI, équipés de 72 sièges en classe de tarif unique. Les premiers vols hebdomadaires quittaient Accra avec un taux de remplissage de 70% en saison aller dans le sens Afrique Liban, allant d’avril à juillet. La saison retour du Liban allait de septembre à décembre. La régularité de ces opérations avait suscité l’émergence de trafics subsidiaires garantissant la rentabilité de ces opérations dès la première année:

  • Voyages d’enfants scolarisés au Liban rejoignant leurs parents pour les vacances, en été, période creuse. Voir la photo d’époque prise durant l’été 1955 qui illustre cet article.
  • Naissance d’un fret commercial et d’un fret fruits du Liban (pommes et poires libanaises exportées de Beyrouth) et fruits exotiques exportés d’Accra.

A partir de 1957, les DC4 étaient remplacés par des Douglas DC6, et ce jusqu’en 1963, date de la fusion avec Middle East Airlines.

La modernisation au fil des ans de la compagnie unifiée MEA – Air Liban mit en service sur la ligne d’Accra de 1963 à nos jours des Comet 4C, des VC10, Boeing 707 et actuellement des Airbus A330.

 

Desserte actuelle de la ligne Beyrouth-Accra

Des appareils Airbus A330 opèrent deux fois par semaine, les lundis et les jeudis au départ de Beyrouth et au départ d’Accra en vol direct SANS ESCALE en 7 heures de vol, aménagés en version mixte: 200 sièges en classe éco et 44 sièges en classe affaires.

Le Ghana reste, pour la clientèle d’affaires comme pour les touristes, une destination synonyme de havre de paix et de bon accueil. C’est la gaieté à tous les coins de rue. Outre une offre d’hébergement de standard international, on y bénéficie dans la plupart des immeubles d’habitation ou de bureaux, ainsi que dans les administrations, d’installations modernes et climatisées observant les normes internationales. L’hospitalité est aussi au rendez-vous: les agents de police et les officiers d’immigration sont aimables et serviables. Ne manquez pas, durant votre séjour, de faire honneur à la gastronomie locale et d’apprécier la variété des cuisines proposées dans les nombreux restaurants de la ville, vous tomberez à coup sûr amoureux d’Accra!