Un Bonheur à deux ou une Corde au cou?

Prestige Numéro 290, juin 2018

La bague au doigt, dans la cage dorée, la corde au cou… autant de locutions attribuées communément au mariage, mais laquelle définirait mieux l’union conjugale? A prendre ces expressions à la lettre, la tendance serait plutôt au rebut d’autant plus qu’elles font mention de cage, de corde, de bague qui serre et enserre… de barreaux. Et pourtant, le lien du mariage est tout un art. Sublime aussi bien par sa quintessence que par ses réjouissances. Créé par Dieu pour le vrai bonheur du couple. Une vie dans la vie. Qu’en avons-nous fait? Est-ce utopique aujourd’hui de rechercher un amour qui ne soit pas feu de paille mais qui tienne toute la vie? Un amour qui grandisse et mûrisse au fil des ans sans rien enlever aux joies d’une vie conjugale? N’est-il pas notre rêve à nous tous de trouver le grand amour, et de le garder? Le rêve de porter un jour une robe de reine, un petit diamant pour décorer la main, et surtout de partager sa vie avec une âme sœur? Bien plus qu’un rêve, le mariage est une belle réalité. A nous de savoir la saisir. Allez, aujourd’hui encore l’amour fait sa tournée. Sonnez, sonnez, carillonnez, et clamez tout haut: «C’est ensemble que nous sommes le mieux». Round up des principales célébrations matrimoniales.

 

 

© Georges Hobeika, © Zuhair Murad.

 

 

Us et Coutumes

Entre tradition et modernité

La demande de la main

Aujourd’hui encore pour se marier, le jeune homme doit demander la main au père de sa dulcinée. A une différence près, qu’autrefois la fille ne rencontrait son époux qu’au jour du mariage, et c’était au père d’accepter ou de refuser la demande.

L’alliance

Symbole d’amour, d’union et de fidélité, l’échange de bagues entre les mariés remonte à l’Antiquité. L’alliance était en fer, devenue plus tard en or.  Au IIIe siècle av. J.-C., les Grecs portaient l’alliance à l’annulaire gauche, le doigt qui, selon eux, est lié au cœur par la veine d’amour. Les Romains ont perpétué cette tradition qualifiant cet annulaire de doigt d’or, et les Egyptiens ont respecté cette croyance. Toutefois, l’Espagne, la Pologne et l’Allemagne font jusqu’à présent exception à cette règle en portant l’alliance à l’annulaire droit.

Les poèmes et les danses

Précédant la célébration du mariage, la fête dans les villages, notamment libanais, durait plusieurs jours. Des concours de poèmes, «zajal» ou «ataba» notamment, se disputaient entre hommes, et tout le monde, hommes, femmes et enfants s’adonnaient à la dabké, dansée au rythme du «mejwiz», la flûte double.

 

 

© Dany Atrache

 

Des robes de mariée qui nous font rêver…

 

La femme à la gauche de l’homme

Cette tradition date de l’époque où le marié kidnappait son élue, la portant sur l’épaule gauche pendant qu’il se battait contre les autres prétendants, avec une épée à la main droite. Aujourd’hui encore, durant la cérémonie nuptiale, la femme se tient toujours à la gauche de l’homme.

L’enterrement de vie de garçon

Au Ve siècle av. J-C., les Spartes célébraient la dernière soirée de célibat du futur marié autour d’un bon repas. De nos jours, le jeune homme enterre encore sa vie de célibataire au cours d’une soirée festive organisée avec ses amis.

La nuit du henné

Cette tradition a lieu la veille du mariage, en l’absence du futur marié. La jeune fille partage la journée avec ses proches et amies, et le soir, elles célèbrent toutes ensemble la nuit du henné. Chants spécifiques et danses marquent la cérémonie qui se prolonge jusqu’à l’aube. Alors que les invitées se font décorer les mains et les pieds de cette poudre colorante, les amies célibataires se font piétiner par la jeune fille, signe augurant de leur prochain mariage.

 

 

© Rani Zakhem

 

 

Les klaxons

Au XIVe siècle, lorsque les gens estimaient le mariage mal assorti, ils se ruaient sur le cortège en faisant le plus de bruit possible. D’où est née la tradition des klaxons, perpétuée jusqu’à nos jours par la traditionnelle parade de la mariée en voiture dans la rue.

Le lancer de riz

Un ancien rite païen est à l’origine de cette tradition. Lancer des grains de riz sur les jeunes mariés est un symbole de prospérité et surtout de fertilité qui leur seraient transmises à travers ces grains.

Le lancer de la jarretière

Le lancer de la jarretière s’adresse aux hommes au cœur «libre». Le marié relève la robe de sa dulcinée, enlève la jarretière nouée au-dessus de son genou et la jette aux futurs candidats. Celui qui l’attrape en premier se mariera dans l’année.

La pâte de levure

Après la célébration du mariage, le nouveau marié porte son épouse sur ses épaules jusqu’au domicile conjugal. Là, elle applique une pâte de levure sur la porte avant d’y entrer. Ainsi la mariée, collée dans la maison de son mari, sera une excellente femme au foyer.

 

 

© Schiaparelli.

 

 

Un Look à la hauteur du grand Jour

La robe de mariée

Sacrée et consacrée blanche par la tradition, symbole de pureté et de lumière, cette année elle est de plus poétique, ultra féminine et ultra romantique. Crêpe de soie, tulle, dentelle… cette intemporelle dentelle, avec son côté vintage et classique qui ne se démode jamais, et des décolletés plongeants tout féminins et sensuelle.

Le voile

Que serait la mariée sans son voile? Court ou long, c’est la pièce indétrônable de la robe de mariée qui lui confère une dimension mystérieuse. Le voile était jadis un drap que l’homme passait sur la tête de son élue pour lui exprimer son désir de l’épouser. Cette tradition a été maintenue à l’époque des mariages arrangés, lorsque le marié n’avait l’occasion de découvrir le visage de son élue qu’au dernier moment, pour qu’il n’ait pas le temps de se rétracter.

Le bouquet

La tradition du bouquet remonte au Moyen Age, au temps des Croisés. Il était composé de fleurs d’oranger, symbole de pureté et de beauté de la femme.

 

 

© Tony Ward