Musée Gibran Khalil Gibran

Reportage par Rita Saadé

C’est en traversant de très beaux villages aux paysages magnifiques, de forêts et de pics montagneux que nous arrivons dans la localité de Bécharré au Liban Nord, village natal de Gibran Khalil Gibran, l’écrivain, le poète et peintre libanais, mondialement connu à travers son livre Le prophète, traduit dans plusieurs langues.

 

 

Les touristes aiment se faire photographier devant la statue de l’écrivain.

 

Le musée Gibran Khalil Gibran est un lieu unique. 440 peintures et dessins originaux du peintre Gibran y sont exposés. Au VIIe siècle c’était l’ermitage Mar Sarkis de Bécharré. Vers la fin du XVIIe siècle, l’ermitage et le vieux bâtiment furent légués par les notables de Bécharré, à des moines carmélites vivant dans la vallée de Qadisha (vallée sainte). La construction du nouveau couvent par les carmélites s’achève en 1862. Le couvent Mar Sarkis et l’ermitage constituent aujourd’hui le musée et la tombe de Gibran.

En 1926, alors qu’il vivait encore à New York, Gibran a exprimé sa volonté d’acheter  le monastère des pères carmélites et l’ermitage, pour faire de ce dernier le lieu de sa tombe.

Le 22 août 1931, la dépouille mortelle de Gibran parvient à Bécharré. Sa sœur Mariana rachète le couvent et l’ermitage où elle fait déposer le corps du grand disparu, réalisant ainsi le rêve de son frère.

 

Extérieur du musée Gibran.

 

C’est seulement en 1975 que le monastère fut transformé en musée où les chefs-d’œuvre de Gibran furent exposés. Elargi par le Comité national de Gibran, des escaliers ont permis de relier les étages. Vingt ans après, en 1995, le musée fut modernisé et doté d’un équipement de pointe, pour remplir ses fonctions selon des critères internationaux.

Seize salles s’étalent sur trois étages où les tableaux sont exposés d’une manière chronologique, dans leur contexte historique et biographique. On y retrouve des œuvres picturales, du mobilier, des manuscrits et la bibliothèque privée de Gibran.

Essentiellement constituée de tableaux dépeignant la nature, les formes humaines dans leur nudité, de portraits aux contours bien tracés, l’œuvre picturale de Gibran dévoile son talent de peintre et sa quête de l’absolu. Il nous invite à transcender le matérialisme rampant, à nous purifier aspirant vers l’infini. La pureté de l’homme, son élévation de la nature purifiée vers les sphères éthérées et la vision de l’absolu, sont incarnées dans ces figures flottant dans l’air, libérées des liens matériels.

 

 

La nature garde les formes de ses enfants. Huile sur toile.

 

La mère universelle enlace deux esprits transcendants. Aquarelle.

 

 

L’ancien ermitage transformé en mausolée

De la salle XVI à la tombe de Gibran, le visiteur descend sept marches taillées dans le roc où reposent les cendres de l’illustre écrivain.

Dehors le visiteur peut admirer le village de Bécharré, qui surplombe la vallée sainte de Qadisha… Une vue à couper le souffle. Ce village est protégé à l’Est par l’imposant mont Makmel où culmine Qornet al Sawda à 3088 mètres d’altitude.

 

 

Le village de Bcharré surplombant la vallée sainte. On y distingue l’église Mar Saba.