Majed Bou Hadir: «Sensibiliser les jeunes au service de la patrie»

Foi profonde animée au sein de la famille, formation spirituelle et sociale acquise au sein des groupes apostoliques, amitiés solides bâties au sein de l’entourage, mission professionnelle accomplie au sein de la MTV, le présentateur et formateur Majed Bou Hadir est l’homme de l’éthique et de la parole constructive. Sa devise? Volontariat, engagement social, amour de l’autre… au service de l’homme et de la patrie. Cœur à cœur avec Prestige.

 

 

Majed Bou Hadir, présentateur à la MTV et Director of Public Affairs and Protocol à la NDU. © Archives Majed Bou Hadir.

 

 

Depuis combien de temps présentez-vous le journal sur la MTV et pourquoi avez-vous choisi cette carrière? Ma carrière avec la MTV a commencé il y a 18 ans, alors que je me préparais à présenter le journal télévisé. Mais la fermeture forcée de la chaîne en 2002 a empêché la réalisation de ce projet. Toutefois, je gardais espoir et me tenais toujours prêt à saisir l’occasion pour concrétiser mon rêve, croyant fermement en ce talent, voire en ce don de Dieu qui m’aiderait à accomplir une mission bien déterminée: être le témoin de la parole constructive, qui représente un plus. Il est vrai que le cadre des ­nouvelles est limité, mais il constitue un pont pour la réalisation de soi à travers la couverture des nouvelles aussi variée soit-elle, qui porte notre empreinte, et à travers les interviews. Ceci a été réalisé après le retour de la MTV en 2009, sachant que mon expérience a été bâtie à la LBCI en 2005. Les voies du Seigneur ne sont pas les nôtres, j’y crois. En 2005, l’heure n’était pas encore venue, mais à force de persévérance et de détermination, la brèche a été ouverte.

Vous avez une foi profonde. D’où vient-elle? Elle émane évidemment de la famille qui constitue la base, le berceau et l’environnement sain pour grandir dans la grâce, la connaissance et la sagesse. La famille assure l’immunité nécessaire pour relever les défis qui entravent la croissance des jeunes. En parallèle, j’ai acquis une formation spirituelle et sociale, et assumé des responsabilités, au sein de mouvements apostoliques, ce qui a renforcé mon engagement envers ces groupes. Ainsi je suis devenu à mon tour, guide spirituel ou social des jeunes. Je saisis cette occasion pour saluer le Mouvement Apostolique Marial et Caritas Liban qui ont constitué le meilleur exemple sur ce plan. Mon parcours dans ce sens a été long. Durant cette ­dernière décennie, j’ai donné des cours de catéchèse dans les écoles, parallèlement au bureau Community Service Office que j’ai fondé à l’école Jesus and Mary, puis à l’Université Notre-Dame de Louaizé sous le nom de Department of Community Service and Awareness. L’objectif était de sensibiliser les étudiants au ­volontariat et à l’engagement social, et de focaliser leur énergie et leurs talents au service de l’homme et de la patrie, avec pour devise: Service Learning and Civic Engagement. Depuis un an, j’ai passé le flambeau pour assumer une nouvelle responsabilité en tant que Director of Public Affairs and Protocol à l’université. Les années précédentes et à titre non officiel, j’en assumais une partie au bureau des Relations publiques.

Pensez-vous qu’il est facile de se lier d’amitié dans le domaine professionnel? Je me hâte de dire oui. L’amitié a favorisé mon parcours et mon succès dans ma vie professionnelle. Je jouis d’un grand crédit d’amitiés auprès des médias notamment, et dans le monde de l’art et du secteur public. La réconciliation avec soi-même, la foi en nos propres capacités, bien plus, la prise de conscience objective de nos facultés et de notre importance, tout cela nous mène à vivre dans une paix intérieure, ce qui se reflète sur notre relation avec l’autre. C’est ainsi que j’ai réussi à avoir des relations solides avec tous les collègues, sans exception.

 

 

© Archives Majed Bou Hadir.

 

«Le livre occupe une place centrale dans ma vie.»

 

Avez-vous des souvenirs qui vous tiennent à cœur et que vous aimeriez évoquer? Mes meilleurs souvenirs remontent à cette période d’engagement dont j’ai parlé, avant que les lourdes responsabilités de la vie ne deviennent accablantes. En ce temps-là, j’ai vécu une fusion totale avec cet environnement jeune à qui j’ai donné le meilleur de moi-même et au sein duquel j’ai évolué et mûri. Cependant, mes plus beaux souvenirs sont liés au livre. Oui, ma relation avec lui et avec la parole est très solide. Le livre occupe une place centrale dans ma vie. Grâce à lui, je présente actuellement de grands événements, des cénacles et des conférences auxquels je consacre une grande part de mon engagement professionnel. J’avais entamé une période de formation des étudiants à la communication, mais par manque de temps, je me suis limité à des sessions de formation à l’art des Communication Skills, et du Public Speaking and Leadership. Je voudrais tant revivre ces souvenirs. En tout cas, ma relation avec le livre est toujours vivante, je continue de l’acheter pour enrichir ma bibliothèque. J’essaie désespérément de lire un livre, mais les pages bruyantes de la vie m’éloignent de lui.

Vous rencontrez beaucoup de personnes. Quelles sont celles qui vous ont le plus marqué? Il y a certaines que j’ai côtoyées et d’autres qui m’ont enrichi à travers la lecture de leurs œuvres. En 1997, j’avais participé au Vatican, à la cérémonie de la déclaration  de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus Docteur de l’Eglise. Au Liban, le pape Saint Jean-Paul II nous avait confié dans l’exhortation apostolique, la mission d’un «Liban message à l’Orient et à l’Occident». En 2002, j’ai eu l’honneur de transporter dans ma voiture les reliques de Sainte Thérèse qui ont fait le tour du pays. Cette expérience hautement morale, me rappelle toujours mon rôle de messager, et ceci a lieu à travers la présentation de témoignages de vie ou à travers les interviews. Une vie d’amour et d’ouverture à l’autre, telle est la spiritualité de sainte Thérèse. L’événement contemporain direct qui m’a marqué est avec le pape Saint Jean-Paul II, qui a assuré que la foi en Dieu peut déplacer des montagnes. J’ai participé à la préparation d’épisodes qui lui ont été consacrés et qui ont été diffusés sur la MTV. Et parmi les personnes qui m’ont marqué récemment, je cite le commandant en chef de l’Armée libanaise, le général Joseph Aoun. Son humilité exemplaire vient s’ajouter aux grandes réalisations qu’il a accomplies dernièrement.

Que changeriez-vous avec une baguette magique? La baguette magique se trouve en chacun de nous. Si seulement nous l’utilisions pour faire preuve de notre humanité! Avec une baguette magique, je lèverai le voile qui couvre une vie sans amour et je casserai la pierre de l’orgueil qui aveugle la société et la mène à la ruine.

 

 

© Archives Majed Bou Hadir.

 

Vos ambitions pour l’avenir? Poursuivre mon travail médiatique et universitaire. Réaliser un programme qui porte mon nom. Fonder ma propre société de conseils, de présentation et de direction des conférences. Créer une association visant à stimuler l’esprit du service, du leadership, du volontariat et de l’engagement social.

Votre devise? Je réitère mes remerciements à l’honorable revue Prestige si chère à nos cœurs, qui poursuit sa mission malgré toutes les difficultés rencontrées par le pays. Seule notre unité est capable d’immuniser notre diversité qui fait toute notre singularité.  Propos recueillis par Rita Saadé