Randa Bdeir

Prestige N 287-288, Déc. Jan. 2017-2018

 

«Savoir garder un équilibre dans la vie»

Passion et innovation, charisme et professionnalisme, performance et élégance animent Randa Bdeir, Directrice générale adjointe à Bank Audi, pionnière des cartes de crédit et des solutions de paiements en ligne au Liban et dans la région. Mère de famille comblée, femme du monde active et avenante, sa vie bat au rythme de sa nature. Un sens de l’organisation et de la communication, et une quête perpétuelle du savoir… Elle ouvre son cœur à Prestige.

 

Randa Bdeir. © Archives Randa Bdeir

 

Pourquoi avez-vous choisi ce domaine? Je ne l’ai pas choisi, c’est plutôt lui qui m’a choisie. Je me souviens de mon premier contact avec la carte de crédit lorsque mon fiancé qui venait de rentrer des Etats-Unis, m’avait invitée à dîner. Il a réglé la facture avec une carte en «plastique» et non pas en liquide. Depuis, j’ai compris l’importance de cette carte qui sera ma passion.

Racontez-nous votre parcours… Je me suis mariée à 18 ans. Mon époux Saadi Bdeir qui a étudié aux Etats-Unis, estimait que la femme a le droit de réaliser ses ambitions. Il m’a encouragée à poursuivre mes études universitaires. J’emmenais ma fille Zina à l’AUB lorsque je préparais ma licence en Business Management. Puis il y a eu la naissance de Lana, Aya et Dania. Cela a été possible grâce à une organisation rigoureuse de mon emploi du temps, et à l’éducation stricte et épanouie de mes enfants. De la gestion d’affaires je suis passée à la Sociologie, puis à la Gestion Bancaire, un nouveau cursus à l’AUB. Lors de la soutenance de mon mémoire sur la Dette publique, un directeur de la Banque Centrale me proposa de contribuer à ses recherches sur une loi relative aux cartes bancaires, encore inexistantes au Liban. En 1994, j’ai créé le département des cartes à Fransabank et en 2003, j’ai intégré Bank Audi.

Comment avez-vous développé ce département? C’est le fruit de gros efforts et d’une formation rigoureuse. Pour introduire les cartes de crédit sur le marché libanais, j’effectuais des tournées chez les commerçants afin de les convaincre d’utiliser les appareils électroniques. J’encourageais les clients à utiliser la carte dans leurs achats. Depuis 2000, je suis membre du Conseil d’administration de MasterCard. Aujourd’hui, on peut régler une facture à travers son cellulaire ou sa montre de poignet. J’ai fait récemment une session à Stanford sur le thème «The Corporate Entrepreneur», un programme d’études élaboré, pour réussir le changement et innover: séminaires, conférences, projets d’équipe, pour appliquer de nouvelles stratégies et idées sur le travail. J’ai réussi à faire des mutations de qualité dans ma carrière.

Comment conciliez-vous ces responsabilités? Ma vie sociale est intense, malgré mon emploi du temps chargé. Je suis très organisée et j’estime qu’il faut respecter un principe fondamental dans notre vie: l’équilibre entre le travail, la forme et la vie privée.

Une journée de Randa Bdeir… Elle débute par le sport à domicile puis c’est le bureau. Des fois j’honore mes invitations à déjeuner et je retourne au travail. La soirée se déroule en visites et sorties.

De quoi rêvez-vous encore? De voir la femme évoluer et atteindre un poste avancé de leadership. Je rêve aussi de laisser mon empreinte dans l’économie libanaise.

Vous êtes très élégante. Comment assortissez-vous vos tenues? L’élégance fait partie intégrante de ma personnalité et de ma vie. Elle n’entrave en rien ma performance au bureau. Bien au contraire.

Vous faites partie du Lebanese Women Angel Fund… C’est un groupe de 20 femmes de formations diverses et compétentes. Nous avons constitué un réseau pour financer des start-up féminines prometteuses.

Vous avez lancé un prix portant votre nom… C’est un prix annuel, avec la coopération de l’AUB et du président, Pr Fadlo Khury, en hommage à mon mari qui m’a soutenue dans la vie. Il est dédié à toute personne qui encourage la femme à réaliser ses projets et à réussir dans son domaine professionnel. Un jury étudie chaque cas en particulier.

Le bonheur pour vous, c’est… Une satisfaction et un contentement de soi, en rendant service aux personnes qui en ont le plus besoin. Mon bonheur est de voir mes filles, qui ont fait leurs études de génie à l’AUB, puis à la MIT, continuer sur leur lancée de femmes entrepreneurs et de mères de famille comblées.