Sandra Mehanna

Prestige N 287-288, Déc. 2017-Jan. 2018

 

«Le Pur délice est la pierre angulaire du roman»

Passionnée de lecture et d’écriture dès son plus jeune âge, l’avocate et licenciée en Lettres Sandra Mehanna présente son premier roman, «Pur délice». Un titre qui rappelle le nom d’un restaurant mais aussi l’ambiance purement délicieuse de l’ouvrage qui aborde les sujets les plus sensibles de la société libanaise contemporaine, et véhicule des messages de vie. Rencontre.

 

 

L’auteure de l’ouvrage Sandra Mehanna. © Archives Sandra Mehanna

 

 

Comment vous est venue l’idée d’écrire un roman? J’ai toujours aimé lire et écrire depuis les bancs de l’école. Mais le déclic est venu quand j’ai commencé mon stage d’avocate, j’ai rapidement compris que le métier seul ne va pas suffire à m’épanouir vu surtout son côté sec et rigide. J’ai donc entamé des études de Lettres à l’Université Libanaise parallèlement à mon stage. Et l’idée d’écrire plus tard des romans a germé assez rapidement…

Pourquoi avoir opté pour le titre de «Pur délice»? Je voulais un titre qui puisse à la fois être le nom d’un restaurant et décrire l’ambiance générale du roman: purement délicieuse! En fait, le «Pur délice» est un peu la pierre angulaire du roman puisque l’histoire démarre avec l’entrée de Sawsanne pour y travailler comme serveuse dans le but de se faire un peu d’argent de poche. C’est également en son sein qu’elle côtoie la plupart des personnages de l’ouvrage. Enfin, la note finale du roman est également jouée au «Pur délice» puisqu’il se termine avec la célébration assez inattendue d’un mariage.

Quel est le message principal que véhicule Pur délice? Le roman véhicule plusieurs messages: le premier est que dans la vie, la légèreté et la gravité des circonstances sont souvent entremêlées et que la ligne qui les sépare est souvent très fine. Mais l’essentiel est de pouvoir, autant que possible, traiter toutes les situations qui se présentent dans tout parcours humain avec cette dose d’humanisme nécessaire et vitale parce que les romans sont axés sur l’Homme, envers et contre tout! D’où le deuxième message principal du roman qui est celui de la tolérance et de l’acceptation d’autrui. La tolérance est axée avant tout sur l’acceptation de l’autre dans ses différences «parce qu’il faut de tout pour faire un monde». La tolérance est également axée sur l’acceptation des difficultés et problèmes qui jalonnent immanquablement toute vie humaine parce que le meilleur moyen de résoudre un problème est de commencer par l’admettre!

Pur délice aborde les sujets les plus sensibles de la société libanaise contemporaine. Quelle a été votre principale source d’inspiration? Est-ce votre expérience professionnelle en tant qu’avocate ou votre vécu? Tout m’a inspirée pour écrire ce roman. Mon vécu et mon expérience professionnelle bien évidemment. Mais aussi des choses et des situations non vécues mais seulement observées. Et puis il y a aussi ces situations non vécues et encore moins observées et c’est là que travaille l’imagination!

Dans le roman, Hanna, un de vos personnages, a gagné à la loterie après maints essais. Croyez-vous en la chance? Honnêtement, pas vraiment. Au quotidien, je crois au travail et au niveau de la vie en général, je crois au destin et puis j’oublie systématiquement de jouer au loto!

Dans le roman également, vous évoquez trois types de jeunes filles qui sont les serveuses du «Pur délice»: Sawsanne, ayant besoin de travailler parallèlement à ses études pour sortir de sa gêne matérielle, Véra, ayant grandi sans son père et aux côtés d’une mère physiquement présente mais moralement absente et Isa, qui, après une enfance dorée, a subi de plein fouet la faillite paternelle. Qui selon vous a-t-il réussi à affronter ses problèmes? Je pense que toutes les trois ont réussi à affronter leurs problèmes, chacune à sa façon, parce qu’il n’y a jamais une solution miraculeuse applicable à tout le monde. Il y a plutôt des solutions «sur mesure» pour chacun! L’essentiel est de puiser en nous et autour de nous pour pouvoir les trouver et avoir assez de courage pour pouvoir les appliquer!

Maintenant que vous avez publié votre premier roman, y aurait-il un nouveau manuscrit en cours ou dans un avenir proche? Il y a la moitié d’un manuscrit dans le tiroir et des projets d’écriture plein la tête! Propos recueillis par Mireille Bridi Bouabjian