Inas Abou Ayyash

Prestige N° 268, Novembre 2015

Ambassadrice de Kunhadi, Inas Abou Ayyash se dévoue à défendre la lutte de l’association pour consolider la sécurité routière dans l’esprit des jeunes libanais.

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© Archives Inas Abou Ayyash

«J’ai toujours voulu faire une différence dans la vie des autres»

Comment avez-vous commencé votre travail dans une œuvre caritative? Depuis mon enfance, je croyais au partage avec les autres de ce que Dieu nous a donnés, en fait j’y croyais tellement, que je ne pouvais pas me voir autrement…C’est important de mettre le sourire sur le visage de quelqu’un, quelque part, ou faire une différence dans la vie de quelqu’un (karma)! Ma route a commencé bien avant Kunhadi, mais je n’en ai jamais parlé et je ne commencerai pas maintenant, c’est pour ça j’ai senti que Kunhadi est une cause que je peux défendre, sans sentir que je parle de ce que je fais… Si je ne contribue pas à répandre la sécurité routière, je ne ferai pas de différence, si je ne parle pas je ne ferai pas de différence, Kunhadi est là ou je me retrouve, surtout que j’ai connu Hadi à l’école. C’est le hasard de la vie! Maintenant je suis ambassadrice de Kunhadi, c’est le destin. Je porte son nom qui est devenu symbole de sécurité routière avec toute mon attention, et je ne m’arrêterai pas là. J’essaierai d’aider tant que je peux, mais comme ambassadrice, j’ai plus de responsabilités et j’espère être à la hauteur. Khalil Gibran dit: «Vous ne donnez que peu lorsque vous donnez vos biens. C’est lorsque vous donnez de vous-mêmes que vous donnez réellement.»

Comment pouvez-vous coordonner entre vos buts et votre rôle en tant que femme et mère? Je suis mariée à Wissam Abou Ayyash, je l’aimais dès mes 18 ans et si je commence avec mon histoire, je remplirais toutes les pages de Prestige! Je suis rêveuse et quand je rêve c’est à haute voix avec ma famille, et Wissam me soutient dans ma cause parce qu’il croit que je peux faire une différence, c’est grâce à lui que je suis là aujourd’hui, d’un autre côté Nancy est le fruit de mon amour, elle m’a appris l’amour inconditionnel, c’est mon sourire et ma meilleure amie, je partage avec elle mes rêves, même si elle est encore jeune pour comprendre, mais elle comprend à sa propre manière. Nous avons fait ensemble les campagnes «Center campaign» et «save kids lives», je ne peux pas oublier combien elle était heureuse à dessiner son cœur comme son message pour la campagne «savekidslives». Maintenant je sais c’est quoi d’être mère, et je prie pour ne jamais sentir ce que d’autres mères ont senti en perdant leurs enfants, je ne peux pas imaginer le mal qu’elles ressentent, et je sens la responsabilité d’être à leurs côtés comme je peux, c’est pour cela que j’ai entamé le projet du «centre pour aide aux victimes», j’espère pouvoir faire une différence avec ce projet. C’est grâce à Wissam et Nancy que je continue mon combat, et c’est seulement à travers leur soutien que je réussirais.

Aimez-vous la mode et passez-vous du temps dessus? Nous aimons tous la mode, si nous croyons aux bonnes causes, cela ne veut pas dire que nous devons négliger notre look, mais j’ai pris la décision de m’habiller uniquement chez les couturiers et stylistes libanais, je suis une Libanaise fière, et nos couturiers sont talentueux, ils font un travail merveilleux, ici et ailleurs, je crois que nous devons répandre cela, et un des couturiers libanais travaille avec moi pour Kunhadi… La mode et les bonnes causes peuvent se rencontrer! Aujourd’hui je porte George Hobeika et les bijoux de Salma. Je suis heureuse de soutenir les splendides designers libanais!

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© Archives Inas Abou Ayyash.

«Ne conduis pas en état d’ivresse, prends un taxi.»

Parlez nous davantage de l’académie du taxi, Pourquoi avez-vous choisi ce projet? La mission de Kunhadi depuis sa fondation est d’introduire une nouvelle culture de sécurité routière parmi la jeunesse libanaise. Avec les pratiques dangereuses derrière le volant sous l’influence de l’alcool, Kunhadi ne s’est pas limité à discourir sur la conduite sous l’effet de l’alcool, mais aussi a recherché une alternative à ce comportement risqué: prendre un taxi. Avec l’aide de Taxi Night parties, les fêtards sont invités à prendre des taxis offerts gratuitement par Kunhadi à la fin de la soirée, Kunhadi a réussi à commencer avec l’idée de prendre un taxi après une nuit de fête. Les organisateurs de fêtes et de mariages ont commencé à inclure les taxis dans leurs événements. Même le ministre de l’Intérieur et des municipalités étaient inspirés par Taxi Night à la veille du Nouvel An 2013-2014, et ont offert des taxis gratuits pour les personnes éméchées. Durant ce nouvel an, on n’a enregistré aucune perte de vie. Mais kunhadi a reçu des complaintes concernant le comportement des conducteurs de taxis. Comment peut-on demander aux gens de prendre un taxi quand plusieurs conducteurs de taxis ne respectent pas la sécurité. Kunhadi a décidé d’entraîner ces chauffeurs à conduire en sécurité et fournir un service professionnel aux clients. C’est ainsi que l’académie des taxis naquit. En espérant qu’à travers l’académie de taxis de Kunhadi la jeunesse fera plus confiance aux taxis et ici je demande aux parents de nous aider à répandre cette éducation, Kunhadi ne peut pas travailler seul, nous avons besoin de chacun de vous à notre côté.

Quels sont vos autres projets? J’ai trois projets, mais j’ai commencé par cette académie en premier. Après c’est le centre: le centre de soutien aux victimes, l’année passée à cette même époque j’ai organisé une campagne qui disait:« La route continue après l’accident», beaucoup de gens ont pensé que j’ai entamé cette campagne pour me présenter auprès du public ignorant la grande cause que je porte: «chacun de nous a son propre accident qui le cloue, et j’ai trouvé la sérénité à travers ce centre, et c’est pourquoi j’ai lancé la campagne». Ce centre est le premier en son genre! Dédié à ceux qui n’arrivent pas à reprendre goût à la vie après un accident, je veux aider kunhadi à soutenir les blessés d’accidents, et ceux qui souffrent après la perte d’un être cher, à poursuivre leur vie car ce «qui ne vous tue pas vous rend plus fort», et je crois en la volonté de ceux qui viennent vers nous afin que nous les aidions dans leur souffrance, les familles qui ont perdu un être cher et n’arrivent pas à surmonter le drame, je sais à quoi cela ressemble, car j’ai perdu quelqu’un et j’avais du mal à avancer, mais la paix que je retrouve à travers les sourires des autres, m’a redonné de l’espoir et ce centre reflète mes sentiments et j’y crois, j’espère ce sera «espoir».

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© Archives Inas Abou Ayyash

«J’ai deux autres projets en plus de l’académie des taxis, un centre de Soutien aux victimes et un jardin de remémoration pour ceux que nous avons perdus.»

Quand vous dites vous avez perdu quelqu’un, c’est quelqu’un de votre famille? Oui j’ai perdu ma mère.

Comment? Cancer

Désolée d’apprendre cela, et pourquoi n’avez-vous pas choisi d’être ambassadrice d’une organisation qui lutte contre le cancer? Vous ne le savez pas, mais quand vous perdez votre maman, à partir de ce moment, vous vous sentez seule, vous essayez de regarder votre famille et vos amis, et recherchez à travers leurs sourires et affection quelque consolation. Il n’y a pas un jour qui passe sans que je ne pense sur ce que je peux faire pour aider les autres qui vivent la même chose; C’est au-delà de la souffrance et le fait de revivre cela est si dur. Je dis toujours à Lena combien ses enfants doivent être fiers de voir une mère si puissante traiter avec la souffrance tous les jours, et peut-être qu’un jour je puiserai dans sa force pour commencer quelque chose, mais maintenant j’aide à ma manière, j’espère un jour pouvoir faire face à cette souffrance mais pas aujourd’hui.

Quel sera votre dernier projet? Le troisième sera un jardin, un jardin de remémoration pour ceux que nous aimions et que nous avons perdu, nous nous tiendrons tous là-bas chaque année pour partager ce moment difficile, élevant nos voix face à ceux qui conduisent nonchalamment, afin qu’ils voient la souffrance que les autres ont traversé, pour un moment de vitesse imprudente qui ne valait pas la peine de terminer notre vie et la vie de ceux que nous aimons, famille, épouse, amis et les gens qui s’intéressent.

«Aidez-nous à garder nos enfants, notre avenir, en sûreté.»

Inas, avez –vous d’autres buts que de faire de la charité? Oui de faire une différence à ma manière.

Pouvez-vous me dire comment pensez-vous réaliser cela? Il y a une citation qui dit: «travaille en silence et laisse le succès faire le bruit», le temps le dira, notre identité existe à travers notre cause, et ma cause est immense. Seulement en la complétant je me reposerai; Je n’en dirai pas plus. Laissons les choses au temps!

Quel sera votre message à travers nous aujourd’hui? Mon message en tant qu’ambassadrice pour Kunhadi et mon but à travers cette conversation est de répandre l’éducation de Kunhadi. Cette école de taxi sera la première en son genre au Moyen-Orient. Mettez vos mains dans les nôtres, afin que nous puissions fournir des routes plus sûres pour nos familles et ceux que nous aimons. Ne conduisez pas en état d’ivresse, commençons à utiliser des taxis, et espérons qu’à travers cette école de taxis, nous fournirons à nos enfants de meilleurs taxis et plus sûrs. Vos familles et ceux qui vous aiment vous attendent à la maison. Ne terminez pas leurs espoirs, leurs vies en terminant la vôtre. Et je demande à toutes les mères de ne pas permettre à leurs enfants de revenir à la maison en conduisant après avoir bu. S’il vous plait demandez-leur de revenir dans un taxi! Kunhadi est pour vous, mettez vos mains dans les nôtres afin d’aider à garder nos enfants, notre avenir, en sûreté. Propos recueillis par M.N.