Bonita Saadé: «L’important c’est l’amour du public»

Un grand talent et un lot d’humour… L’artiste Bonita Saadé excelle dans l’imitation des personnalités. Un don précieux et rare qu’elle a cultivé à travers sa participation à des programmes télé et des pièces de théâtre. Bonita livre ses confidences à Prestige.

 

© Bonita Saadé

 

  • Vous travaillez depuis une quinzaine d’années dans le registre comique, pourquoi avez-vous choisi cette profession? Dès mon jeune âge, j’aime l’art sous toutes ses formes, notamment la comédie. J’ai grandi en regardant des films égyptiens classiques. Je me souviens aussi de la sympathique actrice libanaise Feryal Karim, du feuilleton comique Al Mou3allima wal Istaz, et autres, ainsi que des programmes de Simon Asmar avec Lady Madonna, Majida el Roumi… J’aime également la danse de salon. Chaque fille rêve de décrocher un titre dans un concours de beauté ou voir son prince charmant arriver sur un cheval blanc. Personnellement, je rêvais de jouer au théâtre, d’être applaudie par le public, de laisser un impact sur lui. La véritable chance m’a souri en 2013, dans le cadre du programme Talk of the Town. Depuis, je me suis retrouvée dans l’imitation. Avant, j’allais voir Mario Bassil et Marc Kodeih au théâtre, mais je n’aime pas ressembler aux autres. Concernant la télévision, j’ai attendu 15 ans pour jouer un rôle dans le feuilleton Caramel, un rôle qui me ressemble.

 

  • Vous participez à la pièce de théâtre Laugh Story avec Hicham Haddad et Tony Abou Jaoudé. Quelles sont les réactions du public? Au théâtre, le contact est direct avec le public et il est facile de déceler si l’on a réussi à le faire rire, s’il a apprécié la performance ou s’il n’était pas satisfait. Je suis appréciée par la grande majorité du public qui me salue et me confie qu’il a aimé tel ou tel caractère que j’ai imité.

 

  • Vous étiez parmi les invités de la Golden Night pour célébrer le 19e anniversaire du Murex d’Or. A votre avis, quelle valeur ajoutée représente la réception d’un prix dans la carrière d’un artiste? J’étais invitée au 19e anniversaire du Murex d’Or et présenté une séquence d’imitation sur la scène pendant 8 minutes. J’ai fait un Medley. Je me tiens un peu à l’écart de ces cérémonies, car au Liban, que ce soit le Murex d’Or ou Biaf ou Diyafa dans les pays arabes, nous ne savons pas à quel point ces cérémonies sont crédibles. Nous vivons à une époque où les prix sont accordés à titre amical ou peut-être que les artistes les méritent. L’important c’est d’être apprécié du public. Quand on reçoit un prix et que les gens nous disent qu’on le mérite, c’est là la plus grande appréciation. L’important n’est pas d’avoir un prix, mais de le mériter.

 

Tony Abou Jaoudé and Bonita Saadé. © Bonita Saadé

 

 

  •  Si l’occasion se présente, participerez-vous à un feuilleton télévisé comique? Malheureusement les programmes actuels n’ont plus les mêmes idées fortes qu’auparavant. Les idées sont empruntées aux réseaux sociaux, puis transformées en sketches. Cette méthode ne me ressemble pas. Je prends en considération le scénariste, le metteur en scène. Par principe, j’aimerais participer à un feuilleton Light Comedy, mais je préfère plutôt présenter un programme en présence d’invités, pour entretenir le public à travers le dialogue. Mais la période n’est pas encore propice.

 

  • On dit qu’il est plus facile de faire pleurer les gens que de les faire rire, qu’en dites-vous? Il est vrai qu’il est plus difficile de faire rire les gens, mais les faire pleurer n’est pas non plus chose facile. L’imitation est très difficile, raison pour laquelle il n’y a pas beaucoup d’imitateurs. Ceux-ci se comptent sur les doigts d’une main. L’entrée dans ce domaine est actuellement difficile si l’on ne se fait pas connaître à travers un concours de beauté ou autres.

 

  • Quels sont vos futurs projets? Un show «Bonita Nashretkoum» en février 2019 sur le site Nawa3em, Instagram, OLN, facebook et Youtube l’épisode complet. Un spectacle sympathique au cours duquel je commente les sujets des réseaux sociaux pour faire un sketch d’imitation. J’ai déjà collaboré à une vidéo sur Wafa2 Kilani avec Elissa qui a été bien suivie. En parallèle, et pour sortir des noms locaux, je prépare un projet sur des caractères internationaux tels Lady Diana et Charlie Chaplin. Je change et diversifie pour prouver que je suis bien capable d’imiter d’autres personnes. Propos recueillis par Rita Saadé