Anjo Rihane n’a qu’une passion

Sympa et spontanée, l’actrice Anjo Rihane est une imitatrice professionnelle, qui avoue sa passion pour le théâtre. Elle s’est fait connaître du grand public à travers le personnage hilarant de Jamilé, qu’elle a incarné pendant quelques années sur le petit écran dans «Ma fi Metlo». Au théâtre, elle a joué dans «Hakeh Neswen» de Lina Khoury, et collaboré récemment avec Yehya Jaber à deux pièces théâtrales. Que nous réserve la talentueuse Anjo pour la rentrée?

 

 

L’actrice Anjo Rihane. © Anjo Rihane

 

Diplômée des Beaux-Arts, vous avez fait une longue carrière dans le registre comique. «Enté Min», est-elle votre première participation à un feuilleton télévisé?

Je suis diplômée des Beaux-Arts de l’Université libanaise. J’ai joué des rôles dans des feuilletons à la fois dramatiques et        comiques. Dans «Enté Min», il ne s’agit pas du tout de mon premier rôle dans un feuilleton télévisé. Ma première participation  dans un feuilleton dramatique a été dans «Chello». J’avais joué avec Badih Abou Chacra dans «Khadimat Al Kasr» et tenu un rôle dans «Ghazl el Banet», un feuilleton comique où nous étions quatre filles, essayant de vivre seules en ville. Sans compter mon rôle dans le film cinématographique de Nadine Labaki «Halla2 Lawein».

Quelle différence y a-t-il entre le théâtre et la télévision à votre avis?

Tous les deux sont des formes d’art, liés au travail des acteurs, aux arts de la   performance. La différence est technique. Dans une performance théâtrale, nous sommes devant le public et nous voyons sa réaction. Nous faisons de notre mieux pour nous imprégner du caractère afin de l’incarner à la perfection. Mais à la fin, les applaudissements du public font monter l’adrénaline. Le théâtre exige plus d’efforts, notamment en solo que j’interprète et qui implique une plus grande responsabilité. Le théâtre est ma passion. Concernant la télévision, l’expérience est différente. Nous sommes en face de la caméra, nous n’avons pas besoin de gesticuler comme au théâtre pour transmettre notre expression au public. Si la caméra est très proche, il suffit d’un clin d’œil pour faire passer le message.

Le théâtre nous permet d’apprendre davantage. Dans «je m’appelle Julia» et «Mjadarra Hamra», écrits et mis en scène par Yehya Jaber, le challenge et la fatigue sont grands, ainsi que la part de spontanéité dans la libération de nos émotions. A la télévision, la responsabilité est partagée vu que nous sommes dirigés et suivis.

 

 

© Archives Anjo Rihane.

 

 

On dit qu’il est plus difficile de faire rire que de faire pleurer, qu’en pensez-vous?

Certainement, il faut une grande intelligence pour faire rire les gens. Le fil est très fin pour ne pas basculer dans la vulgarité, ne plus savoir si on est arrivé à faire rire les gens ou s’ils se moquent de nous. Il faut une approche combinée de ces nombreux paramètres. Il est difficile d’imiter ce qu’il y a de plus simple. Toutes les chaînes télé recherchent des sitcoms mais le texte intelligent manque. Nos textes ne reflètent pas suffisamment notre réalité, notre société. Le feuilleton de Carine Rizkallah «Enté Min» a eu du succès parce qu’il est le reflet de notre société. Je trouve que le sitcom syrien «El Kherbi» est réussi à tous les points de vue: mise en scène, costumes, texte, direction artistique, acteurs…

Avez-vous d’autres projets pour la télévision prochainement?

Oui, mais pour le moment, ce ne sont que des propositions. On m’a également proposé de présenter un programme. En septembre, je jouerai la troisième pièce de théâtre avec Yehya Jaber. J’en suis ravie, car le théâtre ne fait que confirmer mon professionnalisme.

Que pensez-vous de la jeune génération d’acteurs et d’actrices libanaises?

Le domaine est ouvert à tout le monde, mais le public est devenu exigeant. Il critique les moindres détails, et sait si une performance est convaincante ou non. Interpréter un caractère est difficile, il faut connaître son histoire. Il ne suffit pas d’être sympathique ou beau physiquement pour être acteur ou actrice. La profession gagne à être organisée. Les diplômés de l’Université libanaise commencent à avoir des rôles. Si on donne la chance à ces jeunes, le niveau de l’art dramatique s’améliorera. A titre d’exemple, j’ai beaucoup apprécié les performances de Said Serhan et Wissam Farès dans «Al Hayba». Propos recueillis par Rita Saadé

 

Anjo Rihane joue actuellement «Mjadarra Hamra» tous les vendredis au Teatro Verdun, Centre Dunes. Tél: 01/800003.