Michel Sleiman

Prestige N 179, Juin 2008

Douzième Président du Liban

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Qui est Michel Sleiman?

Michel Sleiman voit le jour à Amchit le 21 novembre 1948, la veille de la fête de l’Indépendance. Il est le fils de Joséphine Ayoub Kallab, de Byblos, et de Nohad, ancien officier des Forces de sécurité intérieure. Le général Sleiman a deux frères, Ghattas, maire de Amchit, et Antoine, mohafez de la Békaa et du Mont-Liban par intérim, et Laudy, sa sœur unique. Licencié en sciences politiques et administratives de l’Université Libanaise, il possède parfaitement le français et l’anglais, connaît l’espagnol et l’italien. La grande famille Sleiman d’Amchit est descendante de la famille Kallab bien connue dans le domaine du commerce avec la Syrie et la Palestine depuis la Moutassarrifiah. Ses ancêtres ont acquis une grande notoriété du temps où ils étaient de glorieux propriétaires terriens, respectueux des valeurs et des lois. La famille Sleiman est l’héritière de ces vertus qu’elle conserve farouchement dans ses gènes.

La force tranquille

Ceux qui ont connu le général Michel Sleiman s’accordent pour confirmer son intégrité, sa tolérance, son exactitude dans l’accomplissement de ses devoirs. C’est un homme de dialogue, qui prend son temps à écouter les autres, à recueillir leurs avis, à discuter tranquillement, ne prend aucune décision non réfléchie. Sa mémoire exceptionnelle l’aide à reconnaître chaque soldat qui a exercé sous ses directives. Dans un esprit d’encouragement et de mérite, il a instauré des conditions strictes dans le corps militaire: pour entrer à l’école militaire, une note de 12/20 est exigée au Baccalauréat. Aussi le général Sleiman réclame un pourcentage d’élus à l’école militaire tenant compte de leur appartenance confessionnelle hormis les surdoués qui d’après le commandant en chef de l’armée ne devraient pas être soumis à l’équilibre confessionnel.

Sa vie privée

Le Président Michel Sleiman est marié depuis 1973 avec Wafa Sleiman, également de Amchit, qui était l’amie de sa sœur Laudy. De leur union sont nés trois enfants: Rita, dentiste, est l’épouse de Wissam Baroudy et mère de deux fils, Chawki et Chérif; Lara, architecte, fiancée avec Nabil Hawat, et Charbel, cinquième année de médecine à la Faculté du Balamand. Père de famille très affectueux, le général Sleiman garde des relations exceptionnelles avec ses enfants, en dépit de son apparence de «militaire» sérieuse. Sérieux il est dans ses obligations et ses devoirs. On dit qu’il était en mission à la naissance de sa fille Rita qu’il n’a vue que 24 jours plus tard! Le général Sleiman aime la lecture, la marche qu’il ne rate aucun jour, la musique classique, les chansons de Feyrouz, il affectionne particulièrement le cinéma dont il est souvent privé faute de temps, il suit les nouvelles télévisées. Qui sont ses amis? Les copains du village, les amis d’enfance quoiqu’ils soient peu nombreux. C’est avec eux qu’il sort parfois dîner loin du protocole et de la situation tumultueuse du pays. Toutefois ce que le général ne manque jamais c’est sa présence à trois événements chers à son cœur: la soirée du club de Amchit, la soirée avec les diplômés de sa promotion et leurs épouses, et la soirée avec les officiers de sa promotion. Le général Sleiman est connu pour sa foi comme toute sa famille. Il voue une adoration pour St-Charbel. Sur sa table de nuit, un chapelet et le livre de Ste-Rafka. Et lorsqu’un vœu est exaucé, il n’hésite pas à aller remercier St-Charbel ou Ste-Rafka même tard dans la nuit. Ce qui le fait souffrir c’est de voir ses soldats, «ses enfants», comme il le dit, tomber au champ de bataille, en martyrs. Sa plus grande peine? La disparition de son ami d’armes et de parcours, son bras droit au cours des opérations, le général martyr François Hage lâchement assassiné, le 12 décembre 2007.

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Une demi-heure plus tard, le général Michel Sleiman ira prêter serment au Parlement. Juste avant de quitter, il s’entoure de sa famille pour une photo-souvenir. Son gendre Wissam Baroudy et sa femme Rita, son épouse Wafa, son fils Charbel, sa fille Lara et son fiancé Nabil Hawat.

C’est une famille très unie et soudée que nous avons rencontrée juste avant l’élection de Michel Sleiman le 12e président de la République Libanaise. Les salons de la villa à Fayadieh grouillaient de monde. Les parents et amis étaient venus nombreux féliciter la famille et partager les moments d’émotion avant la séance d’élection au Parlement à 5h de l’après-midi de cet historique dimanche du 25 mai.  Wafa Sleiman élégante et distinguée dans son tailleur blanc était attentive à tous les présents et avait un mot gentil pour chacun. Nous avons découvert une femme réfléchie, responsable et diplomate. Dans quelques instants Wafa Sleiman sera la première dame du Liban.

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Profondément émue, Wafa Sleiman nous a accordé ce sincère témoignage.

Vous êtes désormais Première dame du Liban. Sentez-vous le poids de cette nouvelle responsabilité? A vrai dire, le sentiment de la responsabilité dépasse celui de la joie, ce poste ayant son importance et ses exigences. Etre à la tête de la présidence de la République, notamment dans la situation critique que traverse actuellement le Liban, est une mission extrêmement difficile et épineuse. J’espère que les intentions de tous sont bonnes, et que le peuple libanais unit ses efforts pour sauver notre beau pays, car le président Sleiman ne peut rien faire tout seul. Et là, j’aimerais signaler que l’annonce des accords de Doha et de l’élection de Michel à la présidence de la République, coïncidait avec la fête de Sainte Rita, à qui nous vouons une grande dévotion, célébrée également le 22 mai. J’ai senti au fond de moi-même un bon présage pour le Liban.

Qui est Wafa Sleiman? Je suis de la famille Sleiman de Amchit, cependant il n’existe pas de parenté directe avec celle de mon époux. Après avoir reçu mon diplôme de l’Ecole normale, j’ai enseigné, en poursuivant parallèlement mes études universitaires en psychologie. Après mon mariage, j’ai continué à enseigner, avant de travailler dans un département du ministère de l’Education à Baabda. J’ai dû donner ma démission, dix ans plus tard, lorsque mon époux a été nommé commandant en chef de l’armée.

Comment vous êtes-vous rencontrés? J’ai rencontré mon mari par l’intermédiaire de sa sœur, Laudy, ma camarade de classe. Je me rendais régulièrement à leur maison paternelle à Amchit pour étudier. Au fil des jours, nous sommes devenus de bons amis. Michel, sous-lieutenant à l’époque, n’avait pas encore le droit de se marier avant de recevoir une étoile. Il m’a quand même demandée en mariage et nous nous sommes mariés plus tard, alors que j’étais en troisième année universitaire. Nous nous sommes installés à Baalbeck pendant notre première année de mariage.

Quels sont les principaux traits de sa personnalité? Michel est d’une part, très sérieux et d’autre part, il a un côté très tendre. En le voyant cajoler son petit-fils, on peut deviner l’affection sans limites qui le distingue.

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Main dans la main, le général Michel Sleiman et son épouse Wafa, peu de temps avant son élection, font la tournée du jardin de la villa pour saluer tous les amis, venus nombreux.

En tant que militaire, votre époux passait beaucoup de temps loin de la maison…En effet, cela m’avait poussée à assumer une grande responsabilité dans l’éducation de nos trois enfants. Michel en est conscient. Il ne le nie pas. Imaginez-vous que ce n’est qu’après vingt-quatre jours de la naissance de notre premier enfant, Rita, qu’il a pu venir la voir!

Propos recueillis par MARCELLE NADIM